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Les brumes écarlates #1

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Manhua de Wu Quigsong
Glénat (2021), 192 p., série en cours.

La maquette de ce premier tome a été particulièrement soignée et il est indéniable que cette couverture à la fois mystérieuse, rageuse et dotée de l’esthétique toujours fort agréable des calligraphies chinoises dorées, marque la rétine sur un étalage. Dans un format comics on a un résumé très parlant qui met l’accent sur la grande force du volume, le design incroyable créé par l’auteur et un aperçu du style graphique qui évite de se reposer sur la seule couverture (qui reste très proche des planches intérieures). L’intérieur de couverture présente une carte géographique des royaumes et des lieux… qui si elle est fort utile pour appréhender la complexe géopolitique du lieu, reste un peu confuse car elle n’indique pas tous les sites nommés dans l’histoire. Du coup on se perd un peu à rechercher des zones qui restent introuvables. Après une citation de l’inévitable Lao Tseu, nous aurons ensuite droit à un prologue et cinq chapitres, avant de refermer le volume sur un cahier graphique de quatre illustrations. Même si on aurait aimé un cahier final plus étoffé, l’ensemble mérite un Calvin pour la qualité générale de l’habillage très soigné.

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bsic journalismMerci aux éditions Glénat pour leur confiance.

Depuis l’apparition des mystérieuses et mortelles Brumes écarlates il y a trois siècle le monde des hommes (ou ce qu’il en reste…) s’est réorganisé en états perché sur les hauteurs, protégés du danger. Pourtant les jalousies et rivalités restent omniprésente… Alors qu’une alliance matrimoniale semble marquer un apaisement dans les relations diplomatiques des royaumes, la réapparition des Brumes sème le chaos, dont profite une troupe de maraudeurs pour enlever la princesse…

Brumes écarlates T1 : Les rebelles (0), bd chez Glénat de Qingsong,  Haiyang, XinjiangLes auteurs chinois ont décidément le vent en poupe dans notre pays car après le sublime ouvrage de Golo Zhao, Glénat nous propose la première création solo de Wu Qingsong. Cet auteur formé aux Beaux-arts a déjà publié plusieurs séries en France. Les Brumes écarlates est la traduction du projet The rebels paru en 2019… ce qui laisse penser qu’il ne faudra pas être pressé pour en lire la suite (non encore sortie en VO donc), d’autant que Qingsong a été embarqué dans la frénésie d’adaptations de l’auteur majeur de la SF chinoise, Liu Cixin (avec notamment la version graphique de l’ouvrage qui l’a propulsé au firmament, Le problème à trois corps, lauréat du prix Hugo en 2015).

Il est indéniable que sur le plan graphique l’école chinoise alliant technique BD  et graphisme classique inspiré par les estampes et les paysages contemplatifs liés à la culture chinoise propose une qualité impressionnante. Bien plus proche de la culture franco-belge que du manga, le Manhua se lit de gauche à droite et adopte un découpage occidental influencé par la culture hong-kongaise et Taïwannaise. Ainsi l’approche pour le public français est très simple et ne souffre pas des écarts culturels que peut apporter le manga. On trouve en revanche dans Les Brumes écarlates l’attrait de nombre de récits chinois pour les grandes manigances de palais et intrigues géostratégiques issues de l’histoire féodale fort compliquée de l’Empire du Milieu.

Capture d’écran du 2021-09-18 18-43-03L’album commence comme un rêve de lecteur de BD, avec des planches à tomber tant par leur esthétique que par leur cadrage très intéressant. Très vite on constate que cet univers fantasy adopte un design là encore très inspiré et teinté de steampunk via des armures dont on ne comprend pas encore les facultés. Car si l’auteur aime à détailler de complexes dialogues stratégiques il reste un peu chiche dans les explications d’univers, ce qui est frustrant car si les visuels sont somptueux de bout en bout on reste un peu sur sa faim dans la compréhension de ce qui se déroule sous nos yeux. Le syndrome des illustrateurs-scénaristes en somme…

Les brumes écarlates a ainsi beaucoup d’atours d’un très classique récit médiéval chinois où l’on retrouve des dialogues pas forcément très inspirés et très manichéens (avec le gros général très brut et l’androgyne chevalier adepte de la finesse, l’éternel Ying et Yang). En tant que lecteurs occidentaux on aura un peu de mal avec cet aspect. Heureusement que les dessins emprunts d’estampe comme de l’univers des premiers Miyazaki (grosse influence du manga Nausicaa) rehaussent fortement l’intérêt comme le design des combats posant les chorégraphies dans le graphisme.

Ce premier volume apparaît comme une introduction où hormis l’apparition du héros et de sa troupe de soldats « ronin » intervenant dans les interstices entre les gigantesques armées des royaumes on ne saura pas grand chose de ces Brumes écarlates et l’on s’accrochera à saisir les subtilités de la politique locale. Une séquence de présentation des personnages où l’on comprend que la politique est sale et sans morale et que certains guerriers adoptent leur propre stratégie. Guère plus…Capture d’écran du 2021-09-18 20-08-14

Restent ces grandioses panoramas fantastiques, ces couleurs parfaites et une partition graphique sans faute qui hisse cet album parmi les top 2021 dans la catégorie dessins. Il sont nombreux les albums de très grande dessinateurs restés lettre morte (je pense au Dernier loup d’Oz de Lidwin) après un premier tome flamboyant. L’artiste semble conscient de la nécessité de ne pas travailler seul puisqu’il s’est adjoint l’aide d’un collaborateur au scénario. Cet univers doté d’armures steampunk étranges, de poupées animées et de rhinocéros de guerre mérite la plus grande attention tant il flatte nos imaginaires avec un potentiel absolument énorme. Ce ne seront pas les quelques difficultés de mise en place et des dialogues manquant de percussion qui effaceront cette impression qu’il faudra donc confirmer assez rapidement pour éviter de devenir un énième joli one-shot sans lendemains.

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7 commentaires sur “Les brumes écarlates #1

  1. La couverture avait attiré mon attention sans que je ne prenne le temps d’aller plus loin…
    Or, de ton avis, et malgré quelques faiblesses au niveau du manque d’explications de l’univers et des dialogues, je retiens le caractère somptueux des illustrations aux diverses influences ainsi qu’un potentiel certain !

    Aimé par 1 personne

    1. Je reconnais que je coince un peu sur les dialogues bof qu’on retrouvr dans plein de films chinois. Mais le côté sombre et violent va dans le bon sens et l’univers est vraiment riche. Glenat deniche vraiment beaucoup de pepites d’orient

      Aimé par 1 personne

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