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Pinard de Guerre

La BD!

Premier tome d’un diptyque écrit par Philippe Pelaez et dessiné par Francis Porcel. Parution le 01/09/2021 aux éditions Grand Angle.

bsic journalism

Merci aux éditions Grand-Angle pour leur confiance.

C’était pas sa guerre !

Ferdinand Tirancourt est ce que l’on peut appeler un opportuniste. Alors que la Grande Guerre fait rage, et que les Poilus donnent leur vie par millions dans d’immondes tranchées, Ferdinand, lui, reste bien à l’abri derrière les lignes de front. En revanche, on ne peut pas lui reprocher de ne pas contribuer à l’effort de guerre. Son activité principale, à Ferdinand, c’est le commerce de vin, le fameux « Pinard », qu’il achemine jusque dans les tranchées afin d’étancher la soif des soldats condamnés.

Le contrebandier de l’extrême le sait bien, il faut bien une dose supplémentaire de courage, voire de folie, induite par l’ivresse afin de se lancer de son plein gré sous le feu ennemi. Alors qu’il se remplit les fouilles, Ferdinand, goguenard et cynique tout plein, voit la guerre se dérouler sans plus d’états-d’ âme. Mais le mensonge de Ferdinand quant à sa supposée infirmité va bientôt lui causer bien des ennuis, propulsant notre anti-héros au coeur des tranchées qu’il s’échinait à éviter. Désormais témoin direct des atrocités de la guerre et du lien de ses compatriotes soldats avec le vin dont il les abreuve, Ferdinand changera-t-il d’opinion, ou son cynisme sera-t-il ancré trop profondément ?

De l’effet revigorant du vin

Vin mal acquis ne profite jamais

La guerre est un thème malheureusement universel, que l’auteur Philippe Pelaez a déjà abordé lors de ses précédentes œuvres. La déshumanisation, le cynisme et la barbarie prennent leur essor dans les périodes les plus sombres, ce qu’illustre parfaitement le personnage de Ferdinand Tirancourt. Détestable et puant, l’auteur parvient, en quelques cases, à nous le rendre tout à fait antipathique, tant il représente certains des traits les plus vils de l’homme moderne.

Cupide, sournois, menteur et égoïste, il n’en est que plus satisfaisant de le voir, quelques pages plus loin, patauger dans la gadoue avec ceux-là mêmes dont il exploite les turpitudes. Cependant, et c’est là tout le talent de l’auteur, Ferdinand n’est pas unidimensionnel, et la superficialité qu’il affiche lors du premier acte va progressivement s’estomper pour laisser la place à des failles et des doutes qui l’humaniseront. C’est donc un tour de force de la part du scénariste, que de parvenir à changer ainsi la perception qu’a le lecteur d’un personnage, de façon cohérente et au sein du même album. La rédemption est encore loin pour Ferdinand, mais son parcours narratif a tout de même de quoi servir d’exemple à ceux ou celles qui souhaiteraient écrire un personnage d’anti-héros.

La partie graphique est assurée par Francis Porcel, qui avait déjà collaboré l’an dernier avec le scénariste sur l’album Dans mon village, on mangeait des chats. L’alchimie entre les deux auteurs a donc déjà fait des étincelles, et cela se reproduit ici de façon très efficace. Couleurs ternes et décors boueux, tout est fait par l’artiste pour nous plonger dans l’ambiance glauque des tranchées.

En conclusion, on retrouve dans Pinard de Guerre une réalité historique assez méconnue, romancée de telle sorte qu’elle offre un voyage inattendu dans les tréfonds de l’abjection humaine.

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