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Hot space #2: Rage

BD du mercredi
BD de Le Pixx et Celestini (coul.)
Kamiti (2021), 78p./album. Série en cours 2/3 parus.

Avant toute chose je tiens à vous rassurer: oui cette couverture est affreuse et totalement incompréhensible vu le sérieux général de l’auteur et de son éditeur depuis le début de cette série. Autant la couv’ du premier tome était franchement élégante et dans l’esprit SF bad-ass, autant celle-ci, non seulement rate le coche de l’appel à ouvrir l’album sur l’étalage de la librairie, mais donne l’impression d’avoir affaire à une auto-édition amateure avec ses aplats de jaune un peu grossiers. Je m’excuse d’avance auprès de Pierre Le pivain dont je respecte beaucoup le travail et des dessins de grande qualité sur les deux albums parus, mais comme toujours sur ce blog on essaye d’être honnêtes (c’est d’autant plus facile quand l’avis final est positif comme vous allez le voir…). Et pour le coup j’appelle cette couverture une faute de goût et un risque pour les ventes d’une série peu connue, chez un petit éditeur. Autant je critique les méthodes de confier à un tiers la couverture d’un album pour attirer le chaland, autant le rôle d’une couverture est tout de même de faire joli. Bref, je souhaite à Kamiti et Le Pixx que cela ne portera pas préjudice à la carrière de cet album.

couv_426496bsic journalismMerci aux éditions Kamiti pour cette belle découverte!

Alors que l’officier Spector continue son enquête pour démanteler la conspiration militaire elle se retrouve victime d’étranges rêves. Pendant ce temps Kovalski voit le tueur lancé à ses trousses se rapprocher et découvre les étonnantes propriétés du cristal local qui lui a sauvé la vie. Une odyssée mystique commence sur cette planète située au cœur de forces insoupçonnées…

Hot Space - Rage, BD et tomes sur ZOOOn avait laissé la pauvre Kovalski bien mal en point avec un bras robot et un redoutable assassin aux trousses… Après deux ans d’attente on entame cette suite d’étonnante manière, par un prologue nous expliquant le contexte de la conquête spatiale. Comme si l’auteur avait réalisé que son démarrage en trombe en hommage à Aliens dans le premier volume nécessitait quelques explications préalables. En fait de prologue on en aura deux puisque après cette introduction on a droit à une scène qui renforce l’aspect magique de la fin du précédent, autour de cet étrange cristal. Ces précisions sont donc plutôt bienvenues en densifiant le contexte même si elles ressemblent un peu à une V2 contournant l’envie d’action effrénée qui marchait pourtant si bien dans l’ouverture.

Ce deuxième volume est donc assez différent sur plusieurs points. D’abord de Kovalski on n’entendra reparler pratiquement que sur le dernier tiers de l’album. A la place on a droit à une succession de scènes avec la technicienne qui avait découvert la conspiration et le tueur qui devient à son tour une cible pour une Armée qui ne veut pas laisser de traces. Le fond de l’affaire se développe franchement et on y voit plus clair sur le rôle que les personnages tiennent dans ce mic-mac. Cela entrecoupé de plusieurs scènes de rêves ou de visions franchement bien tournées et qui maintiennent un voile de mystère autour de cette planète. Il ressort de ce montage une impression de complexité et de ne plus trop savoir quand et où on est. Ce n’est pas problématique car l’esprit de manipulation est recherché et les personnages sont bien caractérisés et donc reconnaissables, aidant le lecteur à se raccrocher à ces bouées. Bien sur l’action prédomine toujours avec son lot d’explosions gores.

En tant que que tel ce second opus fait franchement bien son boulot en nous tiraillant entre une trame simple recouvrant un développement tortueux qu’on aime découvrir par bribes. Si on regrette un peu l’absence de la super Kovalski ce qui perturbe le plus c’est donc le décalage avec le tome précédent avec une intrigue ici plus sophistiquée. On reste pourtant bien accroché par ces dessins tout à fait sympathiques bien que l’encrage reste un peu épais par moment. Surtout, le découpage et cadrage de Le Pixx sont très inspirés par une envie de cinéma évidente et très bien assumés, avec des design techniques très classes (notamment les plans spatiaux). A mesure que l’aspect mystique prend de l’importance on se demande si l’auteur va basculer dans un délire new-age avec le risque de tomber dans le grandiloquent. Son bon gout jusque ici et sa capacité à digérer ses multiples influences laissent optimistes tant il semble bien mener sa barque au bout de ces deux très sympathiques tomes d’une aventure SF que l’on n’attendait pas si ambitieuse. Assurément une belle découverte de ces dernières années dans un genre pourtant chargé.

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