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20th century boys #6-10

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Manga de Naoki Urasawa
Panini (2002-2007), 208 p./volume, série finie en 22 volumes.

L’édition chroniquée dans cette série de billets est la première édition Panini. Une édition collector (avec albums doubles) a ensuite été publiée puis récemment la Perfect, grand format et papier glacé, au format double également. Le billet sur le premier volume est ici.

Attention spoilers!

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Après le « bain de sang de l’an deux-mille » une nouvelle société s’est installée au Japon, dirigée par un AMI qui nous veut du bien… Alors que la bande de Kenji a disparu, c’est une société totalitaire que contestent certaines personnes, à commencer par Kanna, désormais adolescente et en adoration devant la mémoire de son oncle Kenji. A bas bruit, la domination sans partage d’AMI n’est pourtant pas si inéluctable…

20th Century Boys - BD, informations, cotesQuel maelstrom mes aïeux! Si vous croyiez que le saut de quatorze ans était une rupture, il ne marque aucunement une temporisation puisque l’auteur enchaîne sans cesse sur de nouveaux personnages et de nouvelles séquences toujours liées les unes aux autres indirectement. Alors que nous découvrons enfin ce qui s’est passé le 31 décembre 2000, on apprend qu’une sorte de résistance discrète s’est mise en place avec les survivants de la purge d’AMI…

Devant un tel tourbillon de personnages, de thématiques et de retournements on se demande tout le temps si l’auteur sait où il va ou s’il trace son chemin au doigt mouillé… Bien entendu il retombe toujours sur ses pattes et on savoure à chaque instant d’être ainsi malmené avec un petit plaisir masochiste. Après quelques intermèdes qui permettent de se faire plaisir sur un plan d’évasion carcérale type L’évadé d’Alcatraz ou sur une maison hantée, cet amoureux de cinéma (en plus du rock et des 60’s… un vrai garçon du vingtième siècle!) qu’est Urasawa confirme que le personnage principal (pour l’instant) est Kanna. Du coup, en nous rappelant avec la régularité d’un métronome combien on est en deuil de Kenji, l’auteur installe un peu plus ce contexte confirmé de régime totalitaire contre lequel ce qui ressemble à une résistance commence à s’organiser. Que demander de mieux?

Ainsi à la moitié de l’intrigue on se rapproche de l’identité d’Ami mais on ne sait toujours pas si l’élément fantastique ou SF est confirmé après quelques évènements bien intrigants et un passage dans une sorte de réalité virtuelle en mode lavage de cerveau. Bref, comme depuis le début on est bien incapable d’avancer des certitudes et on se demande encore quel lapin le maître va nous sortir de son chapeau au prochain volume. La maman de Kanna visiblement… Dernière remarque avant de conclure, concernant les dessins qui ont le tort de leur classicisme, ce qui empêche la série d’atteindre les 5 Calvin malheureusement. Non qu’Urasawa soit un mauvais dessinateur mais la simplicité du trait limite l’emballement oculaire que le tourbillon de l’intrigue attendait. Dommage.

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5 commentaires sur “20th century boys #6-10

  1. Concernant ta remarque sur le fait qu’on se demande s’il avance à l’instinct sans prévoir son intrigue, Urasawa a effectivement dit qu’il partait d’une base carrée mais improvisait énormément, car il aime bien aller dans des directions imprévues, même pour lui.
    Ça m’avait beaucoup étonné quand j’ai lu ça car pas mal de ses series sont tellement bien structurées que j’avais le sentiment d’un tout parfaitement pensé, alors que non.
    Je pense que Pluto doit être une exception qui a été pensée depuis le début car en lien avec une histoire préexistante.

    Sinon, j’en suis au même stade que toi même si j’ai les volumes suivants parus dans la dernière édition, ce qui me permet d’avoir encore 4 tomes à lire.

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    1. Merci pour ces infos! Plutot est la plus courte, non? Ca aide a cadrer une intrigue. Je suis tres sceptique sur la possibilite pour n’importe quel scenariste de ficeker un scenar de A à Z sur 20 ou 30 tomes. ..

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      1. Alors Pluto est la série la plus courte après sa 1e qui est inédite en France, et Mujirushi qui est une commande de Futuropolis pour le Louvre (trouvable au format One shot).
        Et en effet, je pense que sur 8 tomes, il a fait quelque chose de carré dès le début, surtout que comme c’est un projet en accord avec l’héritier de Tezuka,ça m’étonnerait pas qu’on lui ai demandé un script détaillé avant validation.

        Je pense qu’il doit avoir une méthodologie de travail très spécifique et éprouvée car ça fonctionne du tonnerre. On retrouve vraiment des tics d’écritures récurrents dans ses series qui peuvent justement s’expliquer par ce côté en partie improvisé, notamment sur le travail sur les personnages qui vont et viennent dans le récit (tant qu’ils sont pas morts).
        C’est assez saisissant !

        Aimé par 1 personne

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