***·BD·Nouveau !·Numérique·Rapidos

La dernière ombre #1

La BD!
BD de Denis-Pierre Filippi et Yvan Gaspard
Vent d’ouest (2021), 46p., série prévue en 2 tomes.

couv_422687

Dans les forêts enneigées de Russie les tirs allemands ne sont pas les seuls dangers. Pour une troupe de soldats soviétiques en retraite le salut semble venir de ce magnifique manoir semblant sorti d’un roman russe. Un couple de barons accepte d’abriter les réfugiés le temps du repos. Mais les tensions de la guerre peuvent transformer les désaccords en affrontement, laissant un groupe d’enfant en témoins observateurs…

badge numeriqueSacrée découverte graphique que ce dessinateur dont ce premier album claque la rétine d’une élégance artisanale à la précision folle. Ayant commencé sa carrière comme (excellent) coloriste sur les albums de Denis-Pierre Filippi et Silvio Camboni, il propose avec cette Dernière ombre un album d’une maturité tout à fait étonnante. Ciselant les cheveux, boiseries ou architectures, il joue d’une grande variété de cadrages destinés à provoquer le « regard extérieur » propice faire naître l’inquiétude. Chaque élément et traité avec une précision d’orfèvre et recouvert de couleurs et de textures magnifiques.

La Dernière ombreL’intrigue de ce premier tome est du reste assez simple, sa linéarité temporisant l’émergence d’une véritable tension dramatique. Si l’on nous présente rapidement une intéressante galerie de personnages tout à fait identifiables (l’officier froid et martial, l’adjoint rebelle, le médecin idéaliste et ses deux filles, le groupe d’enfants,…), le mystère peine à s’installer malgré quelques visions fantastiques dont nous n’aurons l’explication que dans la conclusion du diptyque. En dévoilant trop (les enfants) ou trop peu (les créatures), Denis-Pierre Filippi semble partir sur un tempo de série longue alors qu’il devra résoudre ce qui a à peine commencé dès le prochain tome. On est du coup un peu sceptique sur les possibilités d’accroche sur le seul volume deux…

Reste une atmosphère feutrée loin de la fureur des tranchées, un monde des rêves que l’on soupçonne au travers de ces quelques visions fantasmagoriques non expliquées et des personnages nombreux qui permettent une avancée rapide et au lecteur de rester au contact en savourant chaque case. Ayant la forme d’un préambule, La dernière ombre ne convainc pas totalement (comme le récent Elecboy) tout en évitant de nous ennuyer, grâce à des dessins superbes, un art du dialogue très pro de Filippi et une once de mystère qui suffit à nous donner envie d’attendre les révélations du prochain opus.

note-calvin1note-calvin1note-calvin1

 

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s