****·Comics·East & West

Sara

esat-west

Histoire complète en 136 pages, écrite par Garth Ennis et dessinée par Steve Epting. Publiée originellement par TKO Studios, adaptation en France chez Panini le 2/12/2020. 

Pour l’Amère Patrie

La Seconde Guerre Mondiale est une source inépuisable d’histoires, ce conflit ayant indubitablement marqué l’Humanité de bien des façons. 

Ici, nous faisons la rencontre d’un escadron de tireurs d’élite, qui combat l’avancée nazie sur le front russe, en 1942. Le peuple russe est connu pour son dévouement à la cause, comme le démontrera plus tard leur bilan des victimes, parmi les plus élevés. La particularité de notre troupe de snipers, est qu’elle est composée de femmes, toutes entrainées spécialement, et reconnues pour leur efficacité. 

Aux côtés de Rina, Nata, Mari, Lydi, Vera et Darya, on trouve Sara, notre protagoniste. Distante et froide comme le sont souvent les snipers en fiction, Sara est la plus redoutable tireuse à avoir arpenté le front russe. Félicitée pour son tableau de chasse par ses supérieurs, elle sème la désolation parmi les troupes nazies avec une infernale efficacité. 

L’envers du devoir

Cependant, le passé de Sara a causé des blessures qui ne guériront jamais vraiment, ce qui, conjugué à la pression politique du tout-puissant Parti qui ne semble pas accorder la plus grande valeur à la vie de ses soldats, pourrait entraîner la jeune femme sur une pente dont on ne peut revenir. Bien évidemment, lors d’une guerre totale de cette ampleur, les obstacles ne sont pas seulement internes, aussi les nazis, ulcérés par l’efficacité de Sara, vont-ils lui envoyer un sniper plus redoutable encore. 

Connu pour ses œuvres impertinentes (Preacher, The Boys), Garth Ennis s’est forgé un statut de sale gosse des comics. Cependant, il existe aussi une partie de sa bibliographie tournant autour de récits de guerres au ton réaliste. C’est le cas ici pour Sara, dont la narration à la première personne nous plonge dans une ambiance froide et âpre, à l’image du conflit qu’il dépeint. 

Ennis s’est inspiré de faits historiques pour construire son histoire, ce qui ancre le récit dans la réalité, et amène l’auteur à y apposer le sceau de la sobriété. Malgré son détachement apparent, le point de vue interne de la protagoniste ainsi que les flash-back sur son entrainement génèrent de l’empathie envers elle tout au long de l’album, et jusqu’au magistral dénouement, amer et cohérent à la fois.

[SPOILERS]

En effet, le scénariste insiste rapidement sur le fait que Sara, tireuse exceptionnelle, travaille seule, sans observateur à ses côtés (le spotter, qui aide le sniper à repérer ses cibles), alors que ses camarades travaillent toutes en binômes. Si bien que lorsque vient le sniper nazi , Sara ne peut qu’imaginer un tireur solitaire, comme elle, comme si le talent et le don de tuer n’atteignaient leur apogée qu’en solo. Et c’est malheureusement ce qui causera sa perte, une perte qu’elle appelait certainement de ses vœux. 

Graphiquement, Steve Epting nous fait profiter de son expérience sur les décors et l’ambiance WW2, qu’il avait déjà exploré lors de son run sur Captain America back in the day. Son trait réaliste sied totalement au cadre du récit, et livre avec force détails les émotions exacerbées de ces personnages pris entre deux feux. 

Sara est donc un très bon récit de guerre, immersif et original.

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