***·****·BD·Nouveau !

Elecboy #1: Naissance

La BD!

Premier tome de 62 pages d’une série écrite et dessinée par Jaouen Salaün. Parution le 15/01/2021 aux éditions Dargaud.

Apocalypse How

S’il y a bien une chose que l’Homme réussit à tous les coups, en fiction, c’est détruire la Terre. Dans Elecboy, il y est parvenu une fois de plus, ne laissant à ses héritiers qu’une terre stérile, dans laquelle leurs bas instincts auront le loisir de faire loi. Dans un hameau perdu à la frontière du désert, le jeune Joshua survit comme il le peut.

Son père Joseph, responsable d’un petit groupe, a la responsabilité de trouver de l’eau pour la communauté, ce qui est un défi de tous les instants. Mais, même en pleine crise apocalyptique, il semblerait qu’un adolescent reste un adolescent. Joshua, qui entretient avec son père des rapports délétères, est amoureux de Margot, qui appartient au clan des seigneurs locaux, qui imposent à tous un règne de terreur. 

Cet amour impossible est souvent contrarié par Sylvio, le frère de Margot, brute arrogante qui voit en sa sœur bien plus que des liens de sang. La vie de Joshua n’est pas ce que l’on pourrait qualifier de privilégiée, et c’est sans compter sur les mystérieuses créatures qui écument la région, tuant tous les survivants qu’elles croisent. Ces êtres, d’apparence vaguement mécanique, semblent être à la recherche de quelque chose, ou de quelqu’un, sur qui elles ne parviennent pas à mettre la main. 

Jaouen Salaün, remarqué jusque-là pour ses collaborations avec le scénariste Christophe Bec, se lance dans sa première aventure solo, avec cette sage fantastique/SF, dont ce premier album pose les jalons de façon plutôt efficace. L’auteur met en place un univers post-apo où la survie de tous est loin d’être garantie, le tout mâtiné d’une ambiance grandiloquente de tragédie. Ce n’est certainement pas pour rien que les antagonistes, le Clan tyrannique qui impose sa loi à la communauté de survivants, porte majoritairement des noms italiens, rappelant ainsi la dynastie décadente des Borgia. La comparaison ne s’arrête pas là, puisque le patriarche du Clan est une figure mystique proche de celle d’un Pape, tandis que le plus jeune fils nourrit des velléités incestueuses. 

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Post-Apo oblige, Jaouen puise également dans les fondateurs du genre, Mad Max en tête, en utilisant la thématique de l’eau manquante comme moteur pour une partie de son intrigue. Les créatures, dont le design rappelle celui du personnage de l‘Ingénieur dans le comics The Authority, semblent être à la fois divines et mécaniques. J’ai personnellement toujours eu une appétence pour ces thématiques mêlant transcendance et technologie, comme la théorie des anciens astronautes, aussi ce point-là représente-t-il un atout à mon sens. 

A la fin de cet album, le lecteur en saura davantage sur les liens qui unissent les différents protagonistes, les enjeux de leur survie, cependant, le mystère demeure encore quant à cette engeance énigmatique qui semble jouer sa propre survie sur Terre. Gageons que la suite de cette tétralogie saura nous abreuver de ces réponses ! 

Graphiquement, on peut dire que Jaouen a trouvé ici les arcanes de son art, qu’il exprime magnifiquement sur chaque planche, sans fausse note. Le détail des visages et des expressions est saisissant, les décors ne sont pas en reste. On est ici sur une claque visuelle. 

L’avis de Blondin:

Je rejoins Dahaka sur la qualité d’écriture et bien évidemment de dessins de Jaouen qui claquent fort, notamment sur cette séquence d’introduction particulièrement marquante… mais qui garde les promesses un peu trop sous le coude malgré un format assez confortable de soixante pages. Ces incursions SF dans un récit post-apo poussiéreux de Wasteland sont il est vrai rêches et intrigantes mais on sent l’influence (pas forcément pour un bien) de Christophe Bec et sa culture des récits trèèèèèès délayés. Sur un premier tome de mise en place on peut entendre la nécessité de construire des personnages et un univers (sur ce plan c’est fort réussi) mais j’espère sincèrement que l’auteur n’oubliera pas de lâcher le frein dès le prochain volume pour une histoire qui ne semble pas révolutionner la SF mais dont le design et le sérieux de la réalisation sont suffisamment intéressants pour donner envie de poursuivre.

Un commentaire sur “Elecboy #1: Naissance

  1. Certe ça ne révolutionne rien mais ça a l’air diablement bien fait surtout graphiquement donc de quoi avoir le plaisir de retrouver des thématiques et des ambiances qu’on aime 😊

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