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Les Lames d’Ashura

Histoire complète en 180 pages, écrite et dessinée par Baptiste Pagani. Parution le 29/01/2021 aux éditions Ankama.

bsic journalism

Merci aux  éditions Ankama pour leur confiance.

Les Larmes de la Chourave

Le vaste territoire de Kalandra a été modernisé par l’apparition du transport ferroviaire. Reliant des régions jusque-là isolées, le train a permis des échanges commerciaux autant que culturels favorisant l’essor du pays. Cependant, si les villes ont prospéré, les steppes ont continué d’accueillir les désœuvrés et des troupes de brigands se sont mises à écumer les rails pour dévaliser les wagons de passagers et de marchandises. 

Parmi les Lames d’Ashura, on ne trouve que des femmes, à l’exception d’Osman, l’un des enfants de la matriarche qui a donné son nom à la troupe. Pillardes sauvages et expérimentées, les Lames font trembler les armateurs de trains de tout le pays. Toutefois, malgré leur réputation de farouches pirates des rails, les Lames sont à l’aube de leur plus grand schisme, une discorde meurtrière qui mettra chacune d’entre elles à l’épreuve. 

Parmi les héritiers potentiels d’Ashura, on trouve donc Osman, qui ne rêve que de quitter les steppes pour rejoindre une troupe de danseurs, Shota, au caractère spartiate et inflexible, et enfin Ikari, baroudeuse bravache et impétueuse. Le schisme prendra forme lorsque Ashura, souhaitant partir avec les honneurs avant de laisser les rênes à l’une de ses filles, va mettre sur pied une attaque ambitieuse visant une icône religieuse en or. 

Pour Shota, fervente adepte du Tigre Blanc de Duraga, c’en est trop: se retournant contre sa mère, elle provoque un putsch matricide qui aura de lourdes conséquences sur l’avenir du clan.

Alors on danse

A première vue, l’intrigue des Lames d’Ashura est en trompe-l’œil.  L’on pourrait croire le scénario centré sur Osman et son ardent désir de quitter la piraterie pour devenir danseur et vivre son rêve. Ici, pourtant, point de Billy Elliot: les camarades/sœurs d’Osman portent toutes d’emblée un regard, au pire, amusé, au mieux, admiratif sur les talents du jeune homme, qui les divertit soir après soir grâce à ses prouesses. 

L’auteur choisit donc de se départir d’une source d’opposition qui aurait pu justifier à elle seule une histoire et consacre avant tout son exposition à la découverte de l’univers fictif de Kalandra, sorte de melting-pot de plusieurs influences indo-asiatiques.

Loin de mettre le focus exclusif sur Osman, le récit devient rapidement choral, tentant de retracer les parcours fracassés de la fratrie d’Ashura, dont les membres vont s’entre-déchirer dans une thématique tout à fait shakespearienne. Alors que le pitch initial promet à Osman un conflit de loyauté, entre sa passion et sa famille, à aucun moment le jeune danseur androgyne n’a à faire de choix cornélien entre ces deux items d’égale importance pour lui, ce qui relègue finalement la passion d’Osman à un second plan, forçant Baptiste Pagani à compter en priorité sur les lignes externes d’antagonisme, à savoir la guerre entre Shota et Ikari. 

En revanche, si l’accomplissement du rêve d’Osman (intégrer la troupe du Samsara) se fait sans belligérance, il conserve un certain prix pour le héros, ce qui nous laisse penser que l’auteur n’a pas complètement perdu de vue ses thématiques. On regrette néanmoins le caractère somme toute passif du brigand-danseur, qui subit la plupart des événements durant la grande majorité de l’album (excepté lors du final où il fait un choix important).

D’un point de vue graphique, Baptiste Pagani assure avec brio une partition maîtrisée dont on perçoit sans peine l’empreinte nippone. On s’étonnera simplement dans certaines cases d’un trait plus « relâché« , sans doute du à la charge de travail importante que représente un album solo. 

Grâce aux Lames d’Ashura, Baptiste Pagani confirme son talent d’auteur complet, même si cet album laisse le lecteur sur sa faim quant aux conflits plus intimes qu’il aurait pu développer pour gagner en profondeur. 

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