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La Force de l’Ordre

Le Docu du Week-End

One-shot de 100 pages, adapté du livre éponyme de Didier Fassin, qui est ici assisté par Frédéric Debomy au scénario, et Jake Raynal au dessin. Parution le 2/10/20 aux éditions Seuil-Delcourt.

bsic journalism

Merci aux éditions Delcourt pour leur confiance.

Monopole de la violence légitime

Il est fascinant (voire parfois fascisant) de réaliser que le crime est en soi un phénomène endogène à toute société. En effet, c’est du concept même de société et de civilisation, propre à l’Homme, que découle celui de Loi, et donc, par voie direct de conséquence, celui de crime.

En effet, le crime n’existe pas dans l’état de Nature, et l’on ne saurait reprocher au lion d’avoir étripé une gazelle. C’est donc tout le paradoxe que l’Homme s’impose à lui-même et qui détermine son comportement avec les autres.

Dans un monde toujours plus complexe, parcouru de nos jungle civilisées, une question devient récurrente: qui est la gazelle, qui est le lion ? Dans un système rejetant et condamnant la violence des individus, qui peut se prévaloir d’une violence légitime ?

Suis-je le gardien de la Paix ?

La sociologie nous apporte des pistes de réflexions intéressantes. L’Etat, cette entité intangible et supérieure à la somme de ses parties, a bel et bien le monopole de la violence légitime sur son territoire. Il est paradoxal de penser que pour maintenir la paix dans une société, il faille parfois recourir à la violence. De ce point de vue, il semblerait que ce soit la raison d’être d’institutions étatiques telles que l’armée ou la police. Violenter pour protéger, protéger en violentant, voilà un sacerdoce oxymorique qui pourrait expliquer les heurts récents et la défiance actuelle envers elles.

Didier Fassin a accompagné une Brigade Anticriminalité (BAC) durant deux ans afin de mieux en appréhender le fonctionnement, les enjeux et les difficultés. En effet, beaucoup de problématiques liées aux forces de l’ordre se cristallisent autour de ces BAC, connues pour leur virulence et pour les frictions avec les habitants de certaines zones urbaines.

Ce que le professeur a découvert s’éloigne radicalement de l’imagerie véhiculée tant par la fiction que par les médias, et tend à dépeindre un quotidien morne, un ordre social maintenu par des agents partagés entre la désillusion et la pression institutionnelle.

Face à ces découvertes édifiantes, les a priori d’un lecteur peu familier du domaine judiciaire/pénal en seront certainement ébranlés. Loin du manichéisme généralement de rigueur sur les chaines de la TNT, les auteurs font la retranscription d’un système conçu pour reproduire les inégalités, favorisant ainsi la perpétuation d’un cycle sans fin de violence.

Servi favorablement par la transition graphique, l’ouvrage choc de Didier Fassin est à diffuser largement. Plus vous pensez savoir ce qu’il se passe entre les jeunes de cité et les policiers, dans la rue et au commissariat, plus il est urgent pour vous de lire cette BD/ce livre.

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