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Oliver Page & les Tueurs de Temps

Série en deux tomes de 54 planches, écrite par Stephen Desberg et dessinée par Griffo. Parution le 02/01/20 et le 05/02/20 aux éditions Glénat.

Time will tell

Oliver Page est un jeune londonien, aventurier auto-proclamé, qui coordonne, avec l’élue de son cœur Beatriz, des fouilles archéologique en plein désert, au XIXe siècle. La fouille ne donne pas les fruits espérés, mais Oliver et Beatriz découvrent une momie non identifiée, un trône de pierre assez peu conventionnel, quelques bas-reliefs aux allures d’avertissements, et trois étranges anneaux.

Dans un futur lointain, Wynn, soldat aguerrie, perd son compagnon d’arme alors qu’elle traque une créature malfaisante capable de prendre le contrôle de toute créature vivante qu’elle parvient à investir. A son époque, Oliver découvre avec stupéfaction que le trône de pierre est en réalité une machine à voyager dans le Temps, et que le sarcophage dans lequel il l’a trouvé n’aurait jamais du être ouvert.

Va s’en suivre un chassé-croisé dans les méandres conjugués du passé et du futur, entre Oliver, Wynn et le parasite, avec rien de moins en jeu que le sort du monde.

Course contre le Temps

Ce diptyque aux aspects prometteurs est intriguant par bien des aspects, mais assez décevant au final. Friand d’histoires de voyages temporels, j’ai abordé Oliver Page avec empressement, curieux de connaître les différents rebondissements que connaitrait inévitablement le protagoniste au cours de son aventure.

Effectivement, on retrouve bien les éléments clefs du genre (certains parleront de poncifs), comme le décalage socio-culturel du au voyage temporel, les tentations diverses et variées de changer le cours du temps (Effet Papillon, Retour vers le Futur) et de faire fortune (Retour vers le Futur 2, Timelapse), la confrontation avec ses doubles temporels (Timecrimes)…

Il n’en demeure pas moins que le tout manque de liant, peut-être à cause d’une narration externe qui n’est pas toujours utilisée à-propos ou de façon optimale. Certains fils conducteurs restent sans réponse, ce qui est assez malvenu pour un diptyque duquel le lecteur en exigera forcément. En revanche, le protagoniste reste sympathique et attachant, ce qui est un réel plus pour continuer la lecture.

Le côté SF reste relativement bien géré, avec cette évocation d’un futur hostile et d’une Terre ravagée. L’antagoniste parasite m’a rappelé le film Hidden, et on doit avouer qu’il est bien utilisé, même s’il manque, par nature, de profondeur.

S’agissant du graphisme, la série semble payer assez cher ses délais contraints (deux albums parus à deux mois d’écart). On se doute que la majorité des planches a du être bouclée en amont de la parution du premier tome, force est de constater qu’il se dégage de l’ensemble un sentiment de rush (je n’ose pas dire bâclé) à certains endroits. Les plans rapprochés de Griffo sont souvent justes, mais les plans larges quant à eux, souffrent par leurs décors et les proportions de certains personnages.

Oliver Page & les Tueurs de Temps partait d’une idée ingénieuse et promettait une série d’aventure et de SF rafraichissante, toutefois, son exécution reste en deçà des attentes.

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