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Luminary #2: Black power

La BD!
BD de Luc Brunschwig et Stephane Perger
Glénat (2020), 120 p., série en cours, 2 vol. paru.

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Privé de ses pouvoirs, Darby se retrouve seul et sans ressources dans un monde hostile. Il trouve refuge dans un squat de junkies où il trouve un réconfort inattendu. Côtoyant la misère, il ne réalise pas les évènements graves qui se produisent alors qu’une véritable guerre civile couve entre noirs et blancs depuis la mise en accusation des Black Panther pour l’explosion de la clinique polytraumatique de New-York…

LUMINARY t.1-2 (Luc Brunschwig / Stéphane Perger) - Glénat (Albin /  Drugstore / Zenda) - SanctuaryLuminary avait été un de mes coups de cœur de l’année passée tant ce premier gros opus transpirait l’inspiration des séries sures de leur réussite. Et bien pour ne pas faire durer le suspens le second tome, malgré une magnifique couverture d’un graphisme et d’une efficacité  folle, déçoit assez fortement… Plus haut on est monté plus dure est la chute comme on dit, tout au long de la lecture de cet album de transition (je crois que la série est prévue en trois tomes de cent-vingt pages tout de même, soit l’équivalent de quatre albums) on a le sentiment que Luc Brunschwig laisse le frein à main en souhaitant ménager ses effets après une conclusion du premier volume tonitruante. L’auteur aime parle du social et de politique, il aime parle des pauvres, des démunis, des parias. En proposant l’histoire d’un infirme bossu, d’une prostituée junkie et d’un jeune noir dans une Amérique uchronique très raciste il sait tenir la face sombre et dense de son histoire de super-héros. Malheureusement si dans l’introduction l’équilibre était parfait entre ces deux faces, on bascule dans « Black power » dans une chronique sociale pure où la plus grande noirceur des films américains des années soixante-dix ressurgit violemment. C’est intéressant bien que très nihiliste (un Fabien Nury aurait pu écrire ce scénario)… mais sur l’équivalent de presque trois albums cela fait beaucoup et hormis la conspiration militaire qui aboutit au gros (et efficace) coup de théâtre de l’album on finit par se lasser. La promesse de Black panther n’arrive jamais vraiment et l’histoire de cette junkie se liant avec le personnage principal a du mal à passionner. Le propos du premier volume était éminemment politique et l’on perd cet aspect en même temps que pratiquement toute la charge fantastique qui revient dans les toutes dernières pages sans plus qu’on l’attende.

LUMINARY t.1-2 (Luc Brunschwig / Stéphane Perger) - Glénat (Albin /  Drugstore / Zenda) - SanctuaryCôté graphique si le trait et la technique sont toujours aussi forts, avec une variété de tons jouant sur différentes époques pour proposer une belle variété de mise en couleur, niveau découpage c’est également très sage. Finies les cases en étoile et autres explosions qui déstructuraient magnifiquement les doubles pages. Dans ce récit classique on a droit à un cadrage classique jusqu’au retour de Luminary qui désorganise ces cases sur la fin. L’esthétique générale reste tout à fait impressionnante quand on connait la propriété rebelle de l’aquarelle (comparez les planches de Stephane Perger avec celles de Dustin Nguyen sur Descender pour vous en rendre compte) et le dessinateur peut produire des visions magnifiques à tout moment… et notamment lorsque surgit le fantastique! Les pages de chapitre empruntées aux épisodes de comics suffisent à montrer la puissance graphique de l’auteur.

L’équilibre entre le grand spectacle et l’intime et réflexif est toujours compliqué à trouver dans les BD de genre. Alan Moore ou M. Night Shyamalan ont montré depuis longtemps que c’est par le fonds que les œuvres super-héroïques se hissaient au chef d’œuvre. Luc Brunschwig connait ses gammes et s’intéresse aux humains abimés avant tout, c’est tout à son honneur. Il reste que ce second volume souffre d’un manque de souffle, d’un rythme parfait qu’il avait su trouver dans le précédent avec cette narration en décompte. On attend les moments forts que les quelques scènes d’action ne parviennent pas à combler et le pathos très lourd du squat et de la prostituée semblent un peu trop appuyés dans une BD dont ce n’est pas le sujet. Du coup on survole à peine le très réussi personnage de Mila et on finit par se lasser du langage de prolo qui accroche la lecture à force de contractions. Le réveil des dernières pages semble un peu tardif et l’on espère que ce n’est là qu’un petit loupé intermédiaire avant un épilogue grandiose.

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