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Horseback 1861

La BD!

Album de 142 pages, écrit par Hasteda et dessiné par Nikho. Série en cours. Parution le 11/09/2020 au sein du Label 619 des éditions Ankama.

bsic journalism

Merci aux éditions Ankama pour leur confiance.

Danse avec les Rouges

A première vue, Redford Randall pourrait être votre cowboy typique: cliquetis des santiags dans la poussière du désert, moustache badass et dégaine rugueuse de ceux ayant vécu la conquête de l’Ouest. Cependant, Randall n’a pas vécu dans le même monde que nous. Son Amérique a lui n’est pas parvenue à exterminer les amérindiens, qui se sont soulevés en masse contre les colons et ont fini par former la Nation Indienne, occupant ainsi farouchement une partie du territoire Nord-américain.

Les états américains, trop occupés par cette menace pour s’écharper au cours d’une Guerre de Sécession, ont formé les États Unifiés d’Amérique, avec à sa tête un Président Clarks bien déterminé à mettre à bas la Nation Indienne.

L’album débute donc assez rapidement sur ces bases uchroniques. Randall, épuisé et marqué par l’horreur des guerres indiennes, décide de prendre enfin sa retraite et de se retirer des combats et de la chasse à la prime. Souhaitant rester auprès de sa fille Jackie, Randall crée son entreprise de convoyage, s’imaginant sillonner paisiblement le Michigan pour livrer des marchandises diverses.

Sa première livraison, commanditée par le Département de l’Agriculture, consistera en quelques caisses d’un engrais spécial, destiné aux propriétaires terriens de Californie dont les terres ont été mises à rude épreuves par les dernières saisons. Qu’à cela ne tienne, Randall mobilise sa flamboyante équipe de bras cassés pour cette livraison, mais la Randall Delivery risque de regretter d’avoir accepté cette mission…

Du sang et de l’engrais

Horseback 1861 a pour lui l’habileté avec laquelle l’auteur Hasteda manie l’uchronie, le genre fictionnel consistant à construire un univers en partant sur une modification chronologique et en tirant les conséquences logiques. Ici, c’est l’assassinat d’Abraham Lincoln, qui a lieu des années plus tôt que dans notre réalité, ce qui évite la fameuse Civil War américaine.

Le reste se construit sur le modèle du road trip, avec les péripéties que l’on peut s’attendre à trouver dans un western de ce genre. L’auteur ne boude pas son plaisir, et insère çà et là des références à d’autres œuvres western, parfois transmédia (Red Dead Redemption, par exemple), le tout mis en exergue par une violence graphique assez brute mais loin d’être outrancière.

Le casting est varié et de bonne composition, toutefois, si les héros ne s’en sortent pas trop mal en termes de caractérisation et de développement, les antagonistes, eux, souffrent d’une écriture bancale et peut-être un peu grossière. Certains sont difficilement distinguables de par leur design, d’autres sont d’un manichéisme exacerbé, d’autres encore jouent la carte complotiste sans vraiment convaincre.

Les séquences d’action manquent parfois de clarté, car elles demandent un effort supplémentaire pour distinguer tel ou tel protagoniste, même si l’ensemble du casting a droit à ses moments de bravoure. Il n’en demeure pas moins que l’ensemble manque de fluidité, rendant la lecture parfois laborieuse.

En résumé, Horseback 1861 offre un univers intéressant mêlant western et uchronie, toutefois son exécution contient quelques faiblesses pouvant entraver le plaisir de lecture.

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