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Far South

Histoire complète en 112 pages, écrite par Randolfo Santullo et mise en image par Leandro Fernandez. Parution le 17/06/2020 dans la collection Grindhouse de Glénat.

bsic journalism

Merci aux éditions Glénat pour leur confiance.

Le rêve argentin

Invariablement posté derrière son bar, Montoya, dit « l’espagnol« , passe son temps à essuyer compulsivement ses verres tout en regardant la vie défiler dans son troquet malfamé. Ah, ça, il en voit, du beau monde, le Montoya, c’est à croire que tous les gangsters d’Argentine finissent par fouler le plancher décrépit de la Pulperia.

Ainsi, le barman taiseux n’interdit son établissement à personne, toutefois, gare à ceux qui chercheraient à y régler leurs comptes, ils auraient alors affaire à son courroux, silencieux mais rudement efficace. Far South commence justement par une visite impromptue, celle de Servetti, qui cherche des réponses quant à la mort de son frère Nico, la veille, dans ce même bar. Pendant ce temps, dans la région, a lieu la grève des camionneurs, qui bloque tout le transport de marchandises, et dont on dit qu’elle pourrait se régler à grands renforts de biftons, glissés subtilement sous les bonnes tables syndicales. Au sein de cet imbroglio vont se croiser toutes sortes de personnalités louches, véreuses ou opportunistes. Cependant, qu’elles soient motivées par l’appât du gain ou la vengeance, elles craignent toutes celui qu’on nomme Carpincho Lopez.

Usual Fiction, Pulp Suspects

Randolfo Santullo a choisi de construire son récit en chapitres courts, pour mieux tisser son intrigue criminelle autour d’un casting choral, à la façon d’un Guy Ritchie (Arnaques, crimes et botanique, Snatch) ou d’un Quentin Tarantino (Pulp Fiction). Au fil des scénettes qui s’enchainent, certains personnages vont devenir récurrents, jusqu’à former un réseau assez complexe dont on suit l’évolution avec grande délectation.

En guise de fil rouge, Santullo dévoile la figure mystérieuse de Carpincho Lopez, émule à peine plus douce que le Kaiser Sozë de Usual Suspects (Bryan Singer), criminel à la réputation nimbée d’exploits plus ou moins vérifiables mais qui ont achevé de construire sa légende. Tous les gauchos, tous les gangsters d’Argentine parlent de Carpincho, certains affirment même l’avoir vu commettre ses méfaits, sans que personne ne vienne démentir la légende. Le reste de l’intrigue nous donne à voir des complots retors, du racket qui finit mal, et des entourloupes entre hommes de peu de foi, autrement dit, un régal pour les amateurs du genre.

La partie graphique est somptueusement assurée par Leandro Fernandez, qui par un trait semi-réaliste réhaussé par des aplats de couleurs pâles, parvient à saisir parfaitement l’ambiance du récit criminel. Ses personnages sont tous reconnaissables grâce à certains traits caricaturaux, et son encrage lourd finit de poser le décor.

Cela commence à devenir une habitude, la collection Grindhouse tient encore une fois ses promesses !

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