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Sweet Home

On continue de découvrir l’excellente collection Grindhouse de Glénat. Vous trouverez sur le blog les critiques de la plupart des albums précédents (rechercher « grindhouse »).

bsic journalism

Histoire complète en 128 pages, écrite par Sébastien Viozat et dessinée par Kieran, parue le 24/06/20 dans la collection Grindhouse des éditions Glénat.

Merci aux éditions Glénat pour leur confiance.

Alone with the Psycho

Il arrive parfois que les apparences soient trompeuses, si bien que l’arroseur se révèle être l’arrosé, le dominant s’avère finalement être dominé, et que le chasseur se transforme subitement en proie.

Sur les routes de Californie, un trio infernal écume les routes, une horde de policiers à ses trousses. Zack, Sally et Ethan viennent de commettre un braquage aussi fructueux qu’audacieux, mais qui les as laissés en mauvaise posture: Ethan a reçu une balle, et saigne abondamment sur la banquette arrière, promettant à leur équipée sauvage une fin prématurée.

C’est bien connu, la loyauté chez les bandits n’entrave que ceux qui daignent s’en embarrasser. Devant cet écueil, Zack décide de se délester du couple et laisse ainsi Ethan et Sally au bord de la route sans autre forme de procès. Il revient maintenant aux amants criminels de se trouver une issue rapidement avant que la cavalerie ne débarque. Demandez, et vous recevrez, voilà qu’une luxueuse voiture croise leur route. Sally et Ethan vont prendre le quadragénaire débonnaire en otage et investir sa demeure pour se cacher quelques temps. Mais ont-ils fait le bon choix ?

Beware the nice ones

Très vite, les amants terribles vont s’introduire chez Gareth Campbell, son épouse Judith et sa fille mutique Britney, et imposer leur loi, tandis que le Shérif Wendell et son adjoint Chet vont remonter leur piste, une idée de vengeance derrière la tête. Que feront nos braqueurs amateurs lorsqu’ils s’apercevront que les Campbell n’ont de mondain que l’apparence ?

Pour nous livrer ce Sweet Home, Sébastien Viozat puise dans sa passion pour le cinéma de genre, notamment tarantinien, et met ainsi en scène une délicieuse histoire de gangsters et de psychopathes, les deux étant ici distincts, ce qui n’est évidemment pas toujours le cas chez l’ami Quentin.

L’alternance entre le huis clos périlleux et la chasse à l’homme revancharde du shérif donne au récit un rythme appréciable, dans lequel la mort peut surgir à n’importe quel coin de table. Le suspense inhérent à la prémisse est très bien exploité par l’auteur, qui se paye bien sur le luxe de glisser ça et là quelques petites références à la filmographie de son réalisateur fétiche.

Le thème de l’album permet d’explorer l’hypocrisie des sociétés modernes, dont le séduisant verni cache bien souvent l’ignominie sous bien des formes.

Le scénariste joue dans Sweet Home la carte de l’anti-héroïne au travers de Sally, jeune braqueuse roublarde et sans scrupule qui est sensée trouver grâce aux yeux du lecteur. Le seul bémol, à mon sens, est qu’elle n’y parvient que tardivement , et par contraste avec les Campbell. Cela relève sans doute de la volonté de l’auteur, qui souhaite bousculer les attentes du lecteur, néanmoins, j’ai mis un certain temps à m’investir émotionnellement dans le personnage de Sally, pressé que j’étais de voir les choses dégénérer.

Le dessin de Kieran démarre l’album sur les chapeaux de roues et colle parfaitement à l’ambiance Grindhouse. Sweet Home nous fait donc la sanglante démonstration qu’il faut compter avec cette collection !

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