BD·Nouveau !·***

Raven #1: Némésis

La BD!

BD de Mathieu Lauffray
Dargaud (2020), 52p., 1/3 volumes parus.

L’ouvrage est comme toujours chez Lauffray doté d’une superbe peinture de couverture et d’un très efficace logo-titre que l’on retrouve en intérieur de couverture. Une courte préface nous indique qu’il s’agit d’une adaptation très libre de Robert E. Howard (le papa de Conan) et comme à son habitude l’auteur de Long John Silver nous annonce la tomaison définitive de sa série, ce qui est toujours appréciable. L’album est sorti en édition Grand Format agrémenté d’un cahier graphique. Personnellement, après hésitation j’ai opté pour la présente édition, la GF ne me semblant pas justifier le prix. En outre il est très probable qu’une édition N&B paraisse d’ici quelques temps.

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Raven porte bien son nom… cet oiseau de mauvais augure, outre d’être français, semble porter une poisse infernale à tous les navires sur lesquels il pose le pied. Fier et indépendant il n’abandonne pas pour autant ses rêves de trésors et de gloire, surtout lorsqu’il tombe par hasard sur une carte bien tangible et la ténébreuse pirate Darksee…

Raven T1 : Némésis (0), bd chez Dargaud de LauffrayToute publication de Mathieu Lauffray est un événement et titille mes rétines, tant son imaginaire graphique est légendaire dans le monde du graphisme et de la BD. Toujours associé à de grands scénaristes et d’une productivité BD assez réduite (huit albums de BD dessinés en intégralité), sa première expérience en solo attire d’autant plus l’attention qu’il retourne avec grand plaisir sur le genre où il a explosé, la piraterie. Outre la gestion du scénario, il continue dans un genre ou il s’était éclaté avec Lupano sur Valérian, l’aventure légère et humoristique.

Nemesis nous emporte ainsi dans les Caraïbes de 1666 où les Nations européennes bataillent avez les navires pirates dans le dédale d’îles qui parsèment ces latitudes ensoleillées et orageuses. L’intrigue, un peu hachée, prends le temps de nous présenter les « exploits » de Raven, avant de lancer sa quête de trésor qui va le voir confronté à la grande réussite de l’album: Lady Darksee. Malgré un nom un peu appuyé, elle éclate tant graphiquement que par ses actes, cruelle et impitoyable… en contraste avec la bouffonnerie du héros éponyme. Car c’est une des faiblesses majeures de cet album que le ton choisi par celui dont les encrages ténébreux et violents hantent une génération de lecteurs. Ce projet est-il comme d’autres avant lui destiné à ses enfants ou simplement a t’il eu envie de changer de registre après une carrière dans l’ombre de Cthulhu? Toujours est-il que tout le monde n’est pas Lupano et que si les facéties de l’album restent sympathiques, elles sont décalées par rapport aux attentes et au style de l’auteur. Dans l’esprit on est ainsi à dix-mille kilomètres d’un Long John Silver et on reluquerait plutot vers du Lanfeust. Tenez le vous pour dit.

Les petites addictions de Cranberries: Raven, tome 1: Némésis ...

Graphiquement il n’y a pas grand chose à redire hormis des personnages logiquement croqués parfois proches du mode Cartoon. Les quelques doubles pages dont Lauffray a le secret claquent toujours autant et donnent des envies de grand large et d’aventure. A noter également une impression d’encrages plus légers, comme une utilisation de craies pour traiter les dégradés, ce qui assouplit le dessin. Personnellement je trouve que cela l’affaiblit mais cela dépend des goûts.

https://www.actuabd.com/local/cache-vignettes/L720xH949/rav4-dbd22.jpg?1591281298La structure narrative est également un peu chaotique, avec des sauts temporels entre des séquences pas forcément indispensables. L’éternelle difficulté de choisir entre des envies graphiques (la tempête sur le navire du gouverneur, l’abordage du début) et une évolution narrative qui se retrouve du coup un peu étriquée sur un album de format classique. Sans doute un 64 pages aurait-il été plus adapté. Soyons néanmoins beaux joueurs, pour un débutant (dans le scénario), Mathieu Lauffray s’en sort très bien par sa science du cadrage et du découpage. On ne m’ôtera pas de l’idée que les couples dessinateur/scénariste sont (presque) toujours plus efficaces que les solo mais laissons le plaisir de la piraterie prendre le dessus et faisons confiance à l’auteur pour corriger ces quelques problèmes et pour nous donner dès le prochain tome une grande aventure sombre et joyeuse, pleine de cannibales, de pièges et de traîtrise. Je gage que Lady Darksee va allègrement tirer la couverture à elle et devenir la nouvelle Kriss de Valnor

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2 commentaires sur “Raven #1: Némésis

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