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Buyan, l’île des morts

La BD!

Histoire complète en 196 pages, écrite par Xabier Etxeberria et Martin Etxeberria, dessinée par Martin Etxeberria. Parution le 06/11/2019 aux éditions Akileos.

Nul homme n’est une île

Maansi vient de la lointaine Nénétsie, une province inhospitalière située par-delà la toundra. A cette époque, le continent eurasien est en proie à de violentes guerres de conquêtes, initiées par l’empereur mongol Genghis Khan et perpétuées par son petit-fils, Batu Khan.

Maansi, qui vivait une existence paisible au sein de sa tribu et auprès de son épouse Sudam, s’est retrouvé pris dans la tourmente de la guerre, entre les conquérants mongols et les seigneurs slaves qui défendaient leurs terres gelées. Désormais veuf, Maansi entame un périple à travers la toundra afin d’atteindre la mythique Buyan, l’île par laquelle transitent les morts, dans l’espoir d’y retrouver sa femme. Il sera accompagné par son fidèle ami Noho, un chien-loup aussi futé qu’attachant.

Durant son périple, Maansi devra éviter les embûches et les dangers mortels qui arpentent les plaines glaciales: les soldats mongols d’une part, et les bogatyrs (chevaliers slaves) d’autre part. Il fera la rencontre d’autres âmes errantes comme lui, et fera face à des échos surgis de son douloureux passé.

Le Royaume des loups et des cygnes

Comme vous l’aurez compris, Buyan nous promet une épopée faite de grands espaces blancs, propices aussi bien à l’introspection qu’à de grandes scènes de bataille entre slaves et mongols. De ce côté là, nous ne pouvons être déçus, notamment grâce à l’écriture des frères Etxeberria, couplée à un dessin un aéré et reprenant parfaitement les codes de l’animation.

Dès le premier acte, les auteurs posent les jalons d’une intrigue politique, où les jeux d’influence et de conquête sont à même de déterminer le sort du continent tout entier. Cependant, ce contexte historico-politique, passionnant au demeurant, ne sera pas davantage exploité et servira simplement de toile de fond à l’odyssée de Maansi, qui n’a finalement que faire des hommes de pouvoir et de leurs ambitions.

Le thème du deuil est ici central, mais traité de façon à éviter le pathos qui y est généralement associé. En fiction, la vengeance est souvent corollaire du deuil, et Buyan arrive à nous surprendre assez habilement de ce côté-là.

L’irruption du fantastique se fait assez tardivement dans l’album, car, durant les deux premiers tiers, le lecteur est encore en droit de considérer que Buyan n’est qu’un mythe, et que le voyage de Maansi relève davantage du pèlerinage symbolique que d’une véritable quête pour retrouver son amour perdu.

Buyan, l’île des morts va vous emmener dans les steppes glacées de ce qui deviendra plus tard la Russie, dans une quête mêlant mythologie et Histoire. Une belle découverte chez Akiléos !

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