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BD en vrac #17

La BD!

  • Misères (Grimalt/Mosquito) – 2019

badge numeriquecouv_374565L’espagnol Francesc Grimalt a publié en 2015 ce magnifique conte que l’éditeur grenoblois Mosquito traduit chez nous à l’automne dernier. Travaillant dans l’animation et doté d’une technique redoutable qui rappelle par moment le travail de David Sala, ou les mécaniques d’Andreae, Grimalt propose un très original huis-clos, un conte surréaliste improbable où les textures ont une grande importance. Le jeune héros déguisé en indien débarque dans un village unique et perché sur un piton rocheux: les trente maisons du village Misères forment un unique alignement de bâtis dont la largeur ne dépasse pas une pièce! Poursuivi par une force invisible, le jeune garçon devra parcourir chaque maison, occupée par des fantômes d’anciens habitants qu’il devra se garder de froisser… L’occasion de nous présenter des séquences fantasmagoriques où Dali appelle Tim Burton, Lewis Caroll et le folklore anglais peuplé de Leprechauns. Avec un découpage très aéré d’un maximum de quatre cases par page, il s’agit bien d’un album destiné à la jeunesse qui permet de découvrir un auteur doté d’une forte personnalité graphique qui me rappelle plus le travail des artistes argentins qu’espagnols (souvent très influencés par Disney). L’album lui-même propose un gros travail sur l’architecture bois du village de même que sur les motifs des tissus. Les aperçus du travail de Grimalt sur des maquettes et marionnettes (le village a d’ailleurs été fabriqué en maquette) montre l’approche artisanale de l’auteur. Un artiste dont on suivra avec envie de prochains ouvrages et l’activité hors BD tant il donne envie d’imaginaires.

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  • Jakob Kayne #2: Le mange mémoire (Runberg, Guerrero – Le Lombard) – 2020

badge numerique

couv_384889Ma lecture du premier volume m’avait emballé sur les dessins et l’univers général mais laissé sur ma faim quand à l’intrigue, un peu courte… et malheureusement cette suite confirme que Sylvain Runberg est en service minimum sur cette série où personne ne semble trop voir de problème à un scénario qui frise l’indigence. C’est très surprenant de la part d’un scénariste généralement très intéressant. Son idée de départ est sympathique mais passée la surprise du premier volume on ne peut que constater que l’histoire, très formatée, pouvait tenir en une simple séquence et est totalement inintéressante, d’autant qu’elle est redondante avec le premier tome. Jakob est déterminé à récupérer sa dulcinée emmenée au harem du grand sultan en plein cœur de la capitale de l’empire Omeykim. Sur de son coup il n’imagine pas qu’au même moment un coup d’Etat s’apprête à bouleverser ses plans…

J’espère qu’auteurs et éditeurs ne comptent pas produire ainsi une série de one-shot sur un type qui s’infiltre dans une forteresse comme dans du beurre grâce à ses capacités surnaturelles… Il faudrait penser à changer d’idée et si le principe du peuple ancien est intéressante, on marche ici sur de très grosses ficelles avec un scénariste qui ne propose jamais de pousser cette réflexion sur la mémoire. Projet assez incompréhensible, très feignant alors qu’il est doté de nombreux atouts, à commencer par un très bon dessinateur impliqué et un background à gros potentiel. Gros gâchis pour le moment. Si l’on regarde une autre grande série de Runberg, Orbital, démarrée très lentement, on se dit que ce n’est pas perdu. Mais franchement on pourrait attendre d’un éditeur qui travaille avec ses auteurs pour éviter ce genre de choses.

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  • Blake et Mortimer: La vallée des immortels #2 (Sente, Berserik, Van Dongen – Le Lombard) – 2019

couv_377354-1La lecture du tome précédent m’avait assez moyennement accroché pour les mêmes raisons que le précédent: depuis plusieurs albums, Yves Sente, scénariste attitré d’une reprise de Blake et Mortimer qui devait à l’origine permettre à des coupes d’auteurs changeants de proposer des adaptations riches, semble vouloir nous proposer des documentaires, tantôt sur l’histoire de la cryptographie (Le baton de Plutarque), de Shakespeare (Le testament de William S.) et ici de Hong-Kong sous mandat britannique. Sur le plan technique on ne peut pas dire que ce soit mauvais. On a une enquête policière avec Mortimer enlevé et recherché par Blake, comme souvent dans la série. Les dessins sont classiques et fidèles à l’esprit. On passe donc ce second volume à lire le récit de la trahison du premier empereur Shi huangdi et ce qui l’a amené à la vallée des immortels. Si la fin renoue vaguement avec la mythologie B&M en retrouvant un Nasir fort mal en point et un soupçon de fantastique, l’erreur originelle de cet album est bien de l’avoir découpé en deux parties soit tout de même cent pages! Les deux premières histoires de HP Jacob se déroulaient sur trois et deux tomes et c’est bien la nostalgie qui nous fait pardonner les longueurs d’alors. Plus rien ne justifie cela aujourd’hui et ce volume souffre des mêmes défauts que le précédent qui nous baladait longuement dans une visite touristique et historique de Hong-Kong. Pas franchement mauvais, cet album souffre surtout de la lassitude de lecteur qui a peut-être usé son envie de Blake&Mortimer et la patience envers un auteur capable de très bonnes choses (la vengeance du Comte Skarbek) mais qui se promène sur des séries archi-commerciales. En devenant banalement annuelle la série a perdu sa sève et des raisons justifiables de sortir des albums. Pour ma part j’attendrais patiemment le retour du grand Van Hamme sur un Dernier espadon annoncé…

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