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Ether

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Deux premiers tomes de 114 pages, d’une série écrite par Matt Kindt et David Rubin. Parution dès 2017 aux US chez Dark Horse, parution en France le 21/09/2018 et le 30/08/2019 aux éditions Urban Comics, dans la collection Urban Indies.

Blondin avait publié un avis à la sortie du premier tome.

Enquêtes mortelles au pays des rêves

Boone Dias est un aventurier d’un genre bien particulier: après avoir découvert une nouvelle dimension, nommée l’Éther, ce scientifique rigoureux bien que controversé s’est lancé à corps perdu dans son exploration, devenant au fil des années une sorte d’enquêteur attitré pour cet univers régi par des règles étranges.

Si Boone Dias a pu résoudre des affaires toutes plus inextricables les unes que les autres dans l’Ether, c’est grâce à son esprit affuté et son absolu pragmatisme, qui sont à contre-emploi dans un monde dont le substrat semble défier toute logique. Le scientifique-explorateur met en pratique la fameuse Troisième Loi de Clarke, qui veut que toute science suffisamment avancée soit indiscernable de la magie, si bien qu’il perce aisément tous les mystères qui se présentent à lui en se raccrochant à ses connaissances.

Mais si l’Ether représente le rêve de tout aventurier, sa découverte et son exploration ont eu un coût exorbitant pour Dias: le temps passant différemment dans chaque monde, le scientifique a du laisser derrière lui sa vie terrienne, sacrifiée sur l’Autel de la Science…

Le Sherlock Holmes transdimentionnel

Lors d’une de ses excursions dans l’Ether, Boone va se voir confier une enquête bien particulière: élucider le meurtre de la Flamme d’Or, la gardienne réputée invincible du royaume. Ses investigations périlleuses vont le mener dans les recoins sombres et inexplorés d’Agartha, la capitale, et le confronter à son insidieux adversaire, Lord Ubel, gardien du savoir de l’Ether, maître de la duplicité et fourbe ourdisseur de complots les plus retords.

Dès les premiers chapitres d’Ether, on est frappé par la dynamique très holmesque de l’univers mis en place par Matt Kindt. Comme l’incontournable détective de Baker Street, Boone est un homme gouverné par la raison, doté d’un esprit si cartésien et détaché qu’il en devient presque antipathique, car sa manie de décortiquer les évènements magiques de l’Ether l’empêche d’en saisir toute la beauté (il faut savoir également qu’Arthur Conan Doyle n’aimait pas Sherlock, ou en tout cas, il souhaitait dénoncer à travers ce personnage le détachement scientifique).

Boone Dias se paie même le luxe d’avoir à ses côtés un Watson, en la personne de Glum, une Irène Adler en la personne de Violette, sans oublier son Moriarty, se cachant sous les traits de Lord Ubel.

Malgré ses manies, Boone reste un personnage attachant, notamment du fait des sacrifices auxquels il a consentis pour pouvoir explorer l’Ether. Chacun de ses retours dans le monde réel, chacun de ses départs pour le monde magique est déchirant, ce qui confère une dimension humaine à cet aventurier hors du commun.

Le dessin de David Rubin donne une forme spectaculaire à l’Ether, le dessinateur espagnol sait parfaitement rendre tangible l’architecture étrange et les personnages bigarrés qu’on y croise. Grâce à son trait, on saisit bien aussi la différence entre les deux mondes, par les jeux de couleurs notamment.

Les deux tomes d’Ether parus chez Urban comics sont une belle découverte, idéal pour combler votre confinement !

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