****·Comics·East & West·Nouveau !

Vision: un peu moins qu’un homme, à peine mieux qu’une bête

Réédition de la mini-série Marvel Vision, écrite par Tom King et dessinée par Gabriel Hernandez Walta. Recueil de 280 pages couleur, paru le 05/02/2020 chez Panini Comics.

 

Behold…the Vision !

couv_386345La Vision est un personnage à part dans l’univers Marvel, et notamment parmi les Avengers. En effet, lors de sa création dans les pages de la série en 1968, les Avengers ne réunissaient pour l’essentiel que des personnages préexistants dans l’univers partagé, en premier lieu des têtes d’affiche telles que Hulk, Thor et Iron Man, pour ensuite accueillir des seconds couteaux comme Œil-de-Faucon, Vif-Argent et la Sorcière Rouge, tous déjà apparus en amont dans d’autres séries.

En revanche, La Vision est le premier vengeur crée spécifiquement dans le cadre de la série, dont l’existence résulte principalement de sa continuité interne. Vision est un être artificiel (un synthézoïde), une création de l’androïde Ultron, ennemi mortel des Avengers, lui-même fruit des travaux de Hank Pym, membre fondateur du groupe plus connu sous le nom d’Ant-Man, l’Homme Fourmi.

Cet acte malencontreux de Pym, sorte de pêché originel pour les plus grands protecteurs de la Terre, reviendra longtemps hanter le héros, et aura également engendré des fruits inattendus, comme la création de Vision, prêtant ainsi au comic book des aspects de dynastie tragique s’étalant sur plusieurs générations.

Vision a initialement été conçu pour détruire les Avengers au nom de son créateur, contre lequel il finira toutefois par se rebeller, usant de sa conscience pour défaire sa programmation. Puis il sera envisagé plus tard par Ultron comme un cheval de Troie, grâce à des commandes secrètes, enfouies profondément dans son intelligence artificielle au moment de sa création. Cela fait de Vision l’illustration parfaite de la lutte entre l’inné et l’acquis, le synthézoïde devant sans cesse lutter entre sa conscience et sa programmation.

Ce qui a également caractérisé La Vision au fil des années, c’est sa relation amoureuse avec la Sorcière Rouge, qui aura longtemps été un des fils rouge de la série. Au travers de cette romance et de ses dramatiques conséquences (Mariage–Impossibilité d’avoir des enfants–Folie de la Sorcière Rouge–Destruction de la Vision et Séparation des Avengers–House of M–Décimation des Mutants), les auteurs ont également exploré la thématique de l’humanité, qu’elle soit acquise, perdue ou retrouvée.

Si l’Homme est la mesure de toute chose

Après avoir purgé de son système d’exploitation les émotions liées aux souvenirs traumatiques de son passé, Vision entreprend de démarrer une nouvelle vie. Pour cela, il fonde une famille synthézoïde à son image, composée de son épouse Virginia, sa fille Viv et son fils Vin, puis part s’installer en Virginie afin de mener une vie ordinaire, et ainsi, se prouver, enfin, qu’il peut être un Homme.

Cependant, il est bien connu que les bonnes intentions à elles seules ne suffisent pas. Épiés par un voisinage inquiet de voir débarquer ces êtres étranges, les Visions ne vont pas tarder à être confrontés à une forme symbolique de racisme, dont les conséquences seront tout sauf plaisantes.

…quelle est la mesure de l’Homme ?

Tom King ne fait pas dans la demi-mesure et va pousser le protagoniste synthétique dans ses retranchements, mettant à mal sa foi en cette Humanité dont il rêve de faire Résultat de recherche d'images pour "vision king hernandez"partie depuis sa première apparition en 1968. Singulièrement bien écrit par King, Vision va s’obstiner dans sa quête de la normalité et de l’humain, lui qui finalement, pourrait aspirer à bien plus. Car ce que nous apprend cette mini-série, c’est qu’en fin de compte, être autre chose qu’un humain ne signifie pas nécessairement être moins qu’un humain.

On est d’emblée pris d’empathie pour ces personnages atypiques et attachants, et l’on vit leurs douloureuses épreuves avec eux. Certains personnages, particulièrement Virginia, l’épouse modèle conçue sur mesure afin de satisfaire les désirs d’intégration de son créateur, ont même une consistance tout à fait tragique oscillant entre le mythe de Pygmalion et la créature de Frankenstein.

Côté graphique, Hernandez pose avec maestria le décor faussement idyllique de la banlieue idéale tout en campant des personnages à la fois colorés et crédibles.

Vision, par Tom King et Gabriel Hernandez est une excellente mini-série, un must-have que Panini a eu la clairvoyance de rééditer en intégrale !

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s