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Ma fille, mon enfant.

Récit complet en 96 pages, écrit et dessiné par David Ratte, parution le 05/02/2020 aux éditions Grand Angle.

bsic journalismMerci aux éditions Grand-Angle pour leur confiance.

Au milieu des failles temporelles, des orcs et autres apocalypses programmées, il est parfois salutaire de reposer un peu les pieds sur Terre pour se pencher sur les sujets qui agitent nos sociétés au quotidien. C’est ce que nous invite à faire David Ratte au travers de l’élégant album Ma fille, mon enfant.

Pas de ça chez nous

Chloé est une adolescente parmi d’autres à qui la vie semble sourire. Certes, elle a raté son bac, mais elle n’en demeure pas moins une jeune fille espiègle et pleine de vie. On peut dire que ses relations familiales sont épanouissantes, même si elle doit souvent composer avec le caractère atrabilaire de sa mère, Catherine. Cependant, l’unité de la cellule familiale sera mise à mal lorsque Chloé affichera ce que Catherine considère comme une grave offense, une transgression impardonnable: elle sort avec Abdelaziz, jeune homme issu de l’immigration. Mère et fille vont alors s’opposer, puis se déchirer, jusqu’à ce que leur lien périclite.

Racisme pas si ordinaire

Toute la délicatesse de Ma fille, mon enfant réside dans son traitement du sujet omniprésent qu’est le racisme, non pas dans ses coups d’éclats dramatiques, mais plutôt dans son expression la plus sournoise, celle du quotidien, fait de petites remarques assénées au détour d’une pause café ou de préjugés élaborés au sein du foyer. David Ratte dépeint des personnages sincères, utiles, et touchants par leur réalisme, qui se débattent avec tout ce qui divise actuellement notre société.

Catherine, dépeinte comme une femme acariâtre, déballe au fil de l’album tous les travers qu’entraîne l’idéologie raciste dans le discours d’une personne. L’auteur du Voyage des pères n’hésite pas à convoquer tous les items en lien avec l’islamophobie et le racisme en général (le copain arabe « intégré » servant de fausse caution morale, les idées reçues sur la culture et la religion, Charlie Hebdo, les caricatures…) tout cela pour mener à un triste constat: alors que Catherine pense protéger sa fille de ce qu’elle considère comme une menace, elle ne fait que s’aliéner son enfant, jusqu’à détruire complètement leur relation.

Toutefois, au travers des épreuves de la vie que David Ratte impose à ses personnages, Catherine sera amenée à reconsidérer ses priorités, sans forcément, d’ailleurs, recalibrer son système de valeurs ni ses préjugés au passage. Ce faisant, l’auteur montre que l’espoir existe, bien qu’il exige un travail de longue haleine auprès de chaque génération.

Ma fille, mon enfant, de David Ratte, est une chronique édifiante sur le thème du racisme, traité par le prisme d’une relation mère/fille. A lire !

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