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Mister miracle

esat-west
Comic de Tom King et Mitch Gerads
Urban (2019), one-shot., 264 p.

couv_367135badge numeriqueA peu près à chacune de mes incursions sur des albums DC je me dis que l’on ne m’y reprendra plus. Parfois quelques chefs d’œuvres ou anomalies (White Knight par exemple) vient contrarier ma résolution. Ce Mister Miracle n’aurait normalement jamais dû tomber dans ma besace: j’avais été très déçu par le récent Sheriff of Babylon du même duo et la mythologie spatiale de DC autour des planètes Neo-Genesis et Apokolypse m’a toujours parue totalement désuète. Pourtant le feuilletage de l’album, son travail graphique original, son découpage en gaufrier intégral et les très bons échos de la blogosphère m’ont fait tenter la lecture de ce très gros volume. Avec un résultat déconcertant…

Scott Free est un dieu. Le fils du Haut-Dieu de Néo-génésis, la planète paradisiaque et fils adoptif du terrible Darkseid sur l’enfer d’Apokopypse a trouvé refuge sur Terre sous le costume du roi de l’évasion Mister Miracle, sorte de champion de cirque où il coule le parfait amour avec Big Barda, elle aussi élevée dans les fosses ardentes de l’enfer. Un jour il tente de se suicider… avant que les évolutions guerrières des deux planètes divines ne lui tombent sur le nez. Or Scott n’a qu’un envie, vivre simplement avec ses t-shirt de super-héros et la guerrière géante qu’il aime…

Résultat de recherche d'images pour "mister miracle gerads"En librairie cette couverture m’avait fait de l’œil (en même temps que Omega men). Si vous vous posez la question je vous confirme qu’il ne s’agit aucunement d’une BD de super-héros et que l’insertion dans l’univers DC est totalement artificiel. Mister Miracle raconte avant tout l’histoire d’un type naïf, qui veut une vie simple avec son amoureuse et à qui la vie ne fait pas de cadeaux. C’est la chronique d’une vie, des joies et des peines, du rôle paternel, bref de tout un chacun… transposé dans l’univers too much des néo-dieux. Les auteurs des Big-Two s’amusent depuis la nuit des temps avec les slip, les séquences décalées entre l’attitude et le style absolument iconique de ces personnages et la trivialité du quotidien. Ainsi le volume se déroule en aller-retour entre la Terre et les deux planètes divines via les tunnels-boom, sorte de portails dimensionnels instantanés et nous montrent ces dieux menant une bataille homérique tout en se préoccupant de la température du biberon de bébé… Scott n’a visiblement aucun pouvoir et se fait dérouiller chaque fois qu’il affronte quelqu’un… mais il reste l’héritier du Haut-dieu et absolument revanchard Résultat de recherche d'images pour "mister miracle gerads"envers Darkseid, le grand méchant que l’on ne voit pratiquement pas de l’album. Scott est sous la protection de Big Barda, la valkyrie bad-ass géante qui est très touchante dans ses attentions envers son petit chéri si faible. Ça regorge de saynètes très drôles, jouant souvent du même registre de décalage entre dialogues très terre à terre qui nous rappellent vaguement du Woody Allen et visuel gore, guerrier ou totalement WTF, comme quand Darkseid se retrouve à manger une assiette végétarienne…

Tout cela est aidé par un découpage en simple gaufrier (oui-oui, un gaufrier exacte sur presque trois-cent pages!) qui accentue l’aspect strip classique, au risque de lasser. On pourra le prendre comme un exercice de style (plutôt réussi) ou comme une facilité un peu banale, tout dépend des goûts. En tout cas cela colore la narration en instillant cette platitude, cet anti-héroïsme jusqu’à reprendre par moment (lors des combats entre les deux armées) l’esprit Deadpool avec notre Mister-Miracle qui sort du cadre tout en Résultat de recherche d'images pour "mister miracle gerads"parlant ou qui enfile son collant avec difficulté… Le dessin de Gerads est très maîtrisé même si personnellement je coince un peu sur cette école qui fait dégrader des dessins très beaux par des trames un peu pourries et des couleurs délavées. L’utilisation en continue d’effets de distorsion (pour instiller une inquiétude sur la réalité de ce que l’on voit) ne m’a pas convaincu surtout que jusqu’à la conclusion pas très compréhensible on n’en connait pas la raison (ou alors j’ai raté quelque chose…).

Déstabilisant mais intellectuellement très intéressant, Mister-Miracle parvient à nous émouvoir en observant ce gentil gars mis sur des responsabilités qu’il n’a pas demandé. J’ai également aimé cette chose rare qui veut qu’il n’y ait pas de drame, pas de trahison, pas de lâchetés… Scott aime Barda. Barda aime Scott. CA ressemblerait presque à du Riverdale chez les dieux si ce n’était le visuel un peu foutraque qui décale encore un peu l’histoire. Cent pages de moins n’auraient pas été gênantes mais même en l’état l’album se lit plutôt bien et sort du lot du tout-venant comic en produisant l’improbable: un véritable comic indé chez les héros DC.

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