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Notre part de ténèbres

BD de Gerard Mordillat et Eric Liberg,
Les Arènes (2019), One-shot

bsic journalismMerci aux éditions Les Arènes pour leur fidélité.

couv_373914Ayant un a-priori assez positif sur les deux auteurs, au travers du travail de création très original bien qu’austère de Monsieur Mardi-gras Descendres et l’engagement de toujours de Mordillat sur les questions d’actualité et du parler vrai, je me suis précipité sur cette hypothèse d’une prise d’otage d’ouvriers licenciés sur le bateau de nouvel-an affrété par les traders qui les ont mis à la porte. Immédiatement on pense aux 1%, Occupy wall-street et au diptyque musclé Renato Jones. L’éditeur en rajoute une couche avec un sticker rouge sur la « BD de la révolte sociale »… Cela aurait pu et l’espace des premières pages, bien trash, nous présentant les mœurs délurées des ultra-riches à la mode « loup de wall-street« , on pense qu’on va lire un album jusqu’au-boutiste et rock’n’roll. Malheureusement bien vite Mordillat se croit obligé d’installer un scénario de thriller avec ses échanges entre preneurs d’otage et cabinet de crise de l’Etat et ses flash-back expliquant les coulisses du rachat de l’entreprise. Au travers des dialogues et des explications du chef des rebelles le scénariste nous place quelques dénonciations du fonctionnement bien connu de ce monde sans loi Résultat de recherche d'images pour "notre part de tenebres liberge"et sans morale où seul l’appât du gain compte. Malheureusement sur un sujet abordé de nombreuses fois il aurait fallu donc cet esprit radical pour emmener le lecteur dans la vengeance folle que peut-être des Stan&Vince ou la bande de Groland aurait pu assumer. Mais Mordillat est bien bien trop sage pour faire décoller la machine, malgré des dessins plutôt efficaces de son comparse Liberge qui arrive à rendre dynamiques les quelques séquences d’action. Voulant jouer le grand spectacle sur un sujet bien sombre, Gerard Mordillat se trompe de ton et de sujet au risque de banaliser ce qu’il souhaitait révéler. Si bien que l’on ne sait jamais quel personnage il suit, ce que la gentille journaliste venait faire avec ces requins ou même si les auteurs revendiquent la radicalité de cette lutte à mort ou s’ils la dénoncent. Si l’album se laisse lire sans déplaisir, il rate donc son objectif là où Renato Jones, avec tous ses défauts, assumait son statut de bouffeur de riches de façon très jouissive. Dommage.

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