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Batman: White knight

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Comic de Sean Murphy
Urban (2018) – DC (2017), One-shot.

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A album exceptionnel travail éditorial aux petits oignons avec un nouveau bandeau pour la collection Black Label de DC (à l’origine destiné à publier des ouvrages matures selon les critères américains mais que l’affaire du Bat-zizi a montré comme aussi puritain que les autres comics…) et trois superbes couvertures pour l’édition couleur, la N&B et la spéciale FNAC. Un gros cahier graphique montrant les recherches de design affolantes de maîtrise (notamment pour la batmobile!!!!) en fin d’album et bien sur les couvertures originales des huit épisodes. On aurait voulu en avoir plus mais cela n’aurait pas été raisonnable…

Suite à une énième poursuite avec Batman, le Joker voit sa personnalité originale de Jack Napier prendre résolument le dessus sur son identité pathologique. Décidé à démontrer la violence et la folie de Batman, il se présente comme le héraut du peuple contre les élites corrompues de Gotham et la radicalité hors des lois du chevalier noir commence à ne plus être acceptée…

Résultat de recherche d'images pour "murphy white knight"Il est toujours difficile de commencer une BD aussi attendue tant l’on craint d’être déçu. J’ai découvert Sean Murphy tardivement, sur l’exceptionnel Tokyo Ghost et autant apprécié la minutie de son trait que son côté bordélique. Les premier visuels du projet White Knight publiés l’an dernier m’ont scotché autant que le concept (j’ai toujours préféré les histoires de super-héros one-shot ou uchroniques (type Red Son) et depuis je suis Impatience… Une fois refermé cet album au format idéal (histoire conclue en huit parties avec une possibilité de prolongation… déjà confirmée avec Curse of the White Knight) l’on sent que l’on vient de lire un classique immédiat! C’est bien simple, tout est réussi dans ce projet, des dessins aux personnages en passant par la cerise sur le gâteau: l’insertion de Gotham dans l’actualité immédiate avec le dégagisme et la lutte contre les 1%. Ce dernier élément pose la référence avec le Dark Knight  de Miller et Watchmen, deux monuments qui assumaient un message politique et proposaient une véritable vision d’auteur de personnages iconiques dans les années 80. On est ici dans la même veine et très sincèrement il est rare, des deux côtés de l’atlantique, de voir un projet aussi ambitieux et abouti.

Résultat de recherche d'images pour "murphy white knight"Sur la partie graphique on retrouve quelques tics de Murphy comme ces sortes de bottes-porte-jarretelles de Batman (que l’on trouvait dans Tokyo Ghost), la fille qui sauve un héros brutal et torturé ou les références à d’autres œuvres à droite à gauche. Murphy est un fan de toute éternité du Dark Knight et l’on sent dans le Joker, présenté dans la BD comme le premier fan de Batman et dont la chambre est peuplée de jouets à effigie du héros, son alter-ego de papier. Au travers des différentes Batmobiles l’auteur rappelle la généalogie majeure de Batman, de la série des années 60 au film de Tim Burton et à ceux de Nolan. Ce sont surtout des références cinéma qui pointent et aucune allusion à la série de Snyder Capullo  n’est faite, la seule attache aux BD de Batman est sur le meurtre de Robin dans le Deuil dans la famille. Le nombre d’éléments que nous propose Sean Murphy est assez impressionnant, outre ces multiples références subtiles il utilise les passages obligés du Batverse à savoir les méchants, l’arme fatale, Gotham comme personnage à part entière et ses secrets, l’ombre de Thomas Wayne et la relation avec Gordon… Tous les dialogues sont intéressants, permettent de développer une nouvelle thématique et rarement des personnages de comics auront été aussi travaillés. Jusqu’à la conclusion dans une grosse scène d’action tous azimuts comme Murphy en a le secret le scénario est maîtrisé et nous laisse stoïques avec l’envie de reprendre immédiatement la lecture.

Avec le dessin (la batmobile est la plus réussie de l’histoire de Batman!) l’inversion des rôles est un apport majeur à la bibliographie du super-héros. Outre de renouveler l’intérêt avec, me semble-t’il, une grande première que de présenter le Joker comme le gentil, cela permet de creuser très profond dans la psychologie et les motivations des deux personnages que sont  Batman et le Joker et brisant le vernis manichéen qui recouvre l’œuvre depuis des décennies.  Le Dark Knight de Frank Miller était un Vigilante bien dans l’ère du temps n’intéressait finalement moins l’auteur que son environnement socio-politique. Dans White Knight, les deux faces intéressent l’auteur et il est passionnant de voir défiler des réflexions qui sonnent toutes justes, qu’elles viennent de Nightwing, de Gordon, Napier ou Harley. Batman est finalement le moins présent dans l’intrigue et pour une fois n’est pas celui « qui a lu le scénar », schéma souvent agaçant.Image associée

D’une subtilité rare, White Knight sonne comme une œuvre de très grande maturité scénaristique autant qu’un magnifique bijou graphique à la gloire de toute cette mythologie. Sortie la même année qu’un autre album d’auteur (le Dark Prince Charming de Marini) cette œuvre adulte gratte les acquis en osant remettre en question beaucoup de constantes de Batman. Un album à la lecture obligatoire pour tout amateur du chevalier noir, mais aussi chaudement recommandé pour tout lecteur de BD.

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6 commentaires sur “Batman: White knight

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