BD

Ma pratique de la BD numérique

J’avais fait une série d’articles sur la BD numérique, portant surtout sur les expérimentations réalisées par certains auteurs/sociétés et qui restent à l’heure qu’il est des prototypes.

L’article d’aujourd’hui porte sur la lecture de BD au format numérique. Comme la plupart d’entre vous, en tant que grand amateur de BD je ne concevais pas la BD autrement qu’en album, avec la rotation des pages, la fabrication (dont j’essaye de parler sur chacune de mes critiques), l’odeur de l’encre ou la texture du papier… Ayant découvert le luxe des grands formats sur un Tirage de Tête de Servitude et profitant des gazettes au format journal, j’apprécie plus que jamais l’objet matériel de l’album.

Pourtant j’ai développé ma lecture numérique, d’abord sur un plan utilitaire (éviter l’accumulation d’albums lus une fois qui prennent de la place) et pécuniaire, via la plateforme Iznéo. Bibliothécaire de profession, je connais cette plateforme depuis plusieurs années et ai attendu que son offre atteigne la maturité avant de me lancer. L’objet de cet article n’est pas de donner des arguments commerciaux pour cet acteur économique, mais très simplement, aujourd’hui Iznéo regroupe l’essentiel des éditeurs BD francophones et propose à la fois des albums à prix très réduit et surtout une formule d’abonnement illimité très raisonnable (à 10€/mois). De mon expérience professionnelle ce qui n’a jamais marché en livres numériques c’est l’absence de conviction des éditeurs qui ont toujours proposé un catalogue maigrelet à des tarifs très proches de l’ouvrage papier. Çà ne peut pas marcher ainsi. Heureusement pour nous, les éditeurs BD se sont engouffrés réellement sur le secteur avec pas mal de succès (le manga numérique pèse pour moitié dans le chiffre d’affaire du secteur au Japon).

Utilisant une tablette samsung galaxy tab j’ai donc commencé à lire des manga, documents noir et blanc qui ne perdent pas au format écran et qui y gagnent même en augmentant la taille des planches. J’ai rapidement entrepris un partenariat sur le programme Superlecteurs d’Iznéo,  permettant d’obtenir gratuitement des albums contre une critique. J’ai ensuite tenté le comics, peu à l’aise dans ce secteur où je suis souvent déçu et n’ayant pas envie de me lancer dans des achats kiosk. Outre le format qui cette fois encore perd peu en taille entre une tablette 10 pouces et un album format comics, j’ai été surpris par la qualité des couleurs notamment, qui gagnent même parfois à être lues en numérique. La spécificité de ces deux secteurs est qu’il publie à foison des albums à rallonge et pas toujours dans des albums de grande qualité matérielle.

Pour la BD c’est autre chose et cela nécessite une acculturation ou un détachement vis a vis d’une certaine sacralisation de l’album. Combien de copains m’ont dit « jamais de la vie » et encore souvent sur les réseaux sociaux des blogueurs qui « n’aiment pas la lecture numérique ». Comme je l’ai dit, je n’ai absolument pas arrêté d’acheter des albums. Seulement la lecture numérique me permet de tester des séries avant de les acheter ou de trier entre des séries (même bonnes) que je n’ai pas forcément envie d’avoir dans ma bibliothèque (trop longue, dessin moyen mais bon scénario, séries prises en cours de route,…). Comme pour le reste des œuvres numériques, je n’ai jamais autant acheté d’albums papier que depuis que je lis en numérique. C’est le cercle vertueux qui fait qu’un certain nombre de musiciens favorisent l’écoute de leurs disques en numérique (parfois gratuitement) pour que les gens viennent au concert.

Dans les séries que j’ai acheté après avoir lu un tome en numérique il y a celles-ci (accès à la critique en cliquant sur l’image):

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Il y a comme vous le voyez beaucoup de comics, mais aussi quelques très gros coups de cœur de cette année. Cette lecture numérique me permet de me concentrer sur des séries que je trouve graphiquement vraiment top et aussi d’assumer de temps en temps un grand format ou des formats exotiques comme les prépublications des gazettes et des comics comme Infinity 8 par exemple. Je dirais donc que le numérique permet de découvrir encore plus de BD et d’auteurs et en global n’aboutit probablement pas à une économie vu qu’il provoque l’envie…

3 commentaires sur “Ma pratique de la BD numérique

  1. Très bon article, je suis totalement d’accord avec toi.
    C’est vrai que pour les romans, c’est dommage que les éditeurs ne jouent pas le jeu. Perso, j’attends des promos entre 1 et 3€, sinon autant prendre le livre en poche.

    Aimé par 1 personne

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