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Trois corbeaux

BD de Raul et Roger
Dargaud (2007-2017) 2 cycles terminés.

Album lu grâce à Iznéo.

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Si vous ne connaissez pas encore le personnage de Jazz Maynard, mélange de Jason Bourne, et d’Ethan Hunt doté d’une sensibilité de dandy trompettiste, cet album doit remédier à cette anomalie. Membre d’une école graphique hispanique qui impressionne à chacune de leurs parutions, Roger a éclaté comme l’un des plus impressionnants illustrateurs en circulation. Doté d’une maîtrise technique lui permettant de détourner une ligne réaliste et d’un instinct des ombres et lumières incroyable, il se rapproche de deux grands auteurs ayant marqué les esprits également: José Homs (Shi) et Guarnido Juanjo (Blacksad). On est dans le très très haut niveau, des auteurs qui transforment chaque case de chaque album en un choc visuel qui dispenserait du besoin de scénario pour justifier l’achat d’une BD. Heureusement pour nous, la série Jazz Maynard ne se contente pas de se reposer sur ses graphismes et sa maîtrise du rythme puisque l’excellent scénariste Raul propose une ambiance noctambule de mafias violentes au sein de récits se lisant sans temps morts et utilisant habilement les aller et retours dans le temps. Jazz Maynard, découverte sur le tard, a été un choc pour moi et est actuellement l’une des séries grand public les plus puissantes.

Dernier volume d’un second cycle se déroulant en Islande, Trois corbeaux s’ouvre alors que l’ami Théo a été capturé par des suprémacistes et sera très probablement tué dans les prochaines heures. L’album commence immédiatement après la fin du précédent et va voir Jazz se lancer à la recherche de son ami en même temps qu’il doit remplir la mission que les iraniens lui ont confié. Pas ou peu de mise en place dans ce dernier album qui voit les planches débouler à cent à l’heure avec une maestria de découpage et de trait totalement ahurissante! L’action chez Raul et Roger c’est rapide, brutal, rugueux. Héros complet, Jazz sait pirater autant que combattre à main nue ou au fusil.

Cet opus nous en apprend cependant encore un peu sur sa jeunesse aux Etats-Unis auprès d’un maître du cambriolage, même si j’ai été un peu déçu de ne pas assister à la formation proprement dite du prodige. Le passé se recoupera d’ailleurs avec le présent, la série liant toujours l’intime, le familial avec les affaires de corruption ou criminelles. Au-delà de héros a peu près invincibles, une des forces de la série est de proposer des galeries de gueules de truands, toutes aussi patibulaires, sadiques, perverses. Mais contrairement an premier cycle où les tueurs chauves mettaient fort à mal les talents de Jazz, ici le combat est plutôt une balade islandaise où malgré les séquences de combat extrêmement dynamiques, pas un instant l’inquiétude ne point sur le destin de notre héros. Ceci appuyé par un Deus Ex Machina pas forcément dérangeant mais sans doute un peu facile même s’il apporte une pointe de fantastique bien intrigante. De même, les quelques cases historiques (une première dans la série) illustrant des vikings nous font bien saliver quand à l’opportunité de trouver dans quelques années Roger dans une saga historique se rapprochant du travail de Ronan Toulhoat

Étant donnée sa construction il est préférable de lire les précédents tomes du cycle islandais avant d’entamer ces Trois corbeaux, qui reste malgré tout un nouveau chef d’œuvre visuel. Si la trilogie barcelonaise est un cran au dessus, Jazz Maynard reste, quel que soit l’album, un incontournable de la BD que l’on relis aussitôt l’album terminé pour ausculter chaque case.

 

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Cet article fait partie de la sélection de22528386_10214366222135333_4986145698353215442_n, cette semaine hébergée chez Mo’.

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25 commentaires sur “Trois corbeaux

  1. Je me suis arrêtée au quatrième tome (il faut dire que l’attente était longue entre le tome 4 et le tome 5 !). J’en garde un excellent souvenir. Mais pour lire celui-ci, il faudrait que je reprenne tout depuis le début ! OMG (il y a tant à lire ^^ ) !

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    1. Tu as du voir passer sur les BD de la semaine des billets sur « le roi de prusse… » dessiné par Roger et scénarisé par Zidrou. Si les dessins te plaisent et que les polars nocturnes aussi, court!

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      1. C’est un univers de la nuit, des mafia et des cambrioleurs. Jazz est un peu le cambrioleur romantique dans un monde de brutes. Le tout est très caricatural mais le graphisme quasi noir et blanc fait que la violence graphique est plus esthétique que « sale ». Les héros sauvent la veuve et l’orphelin contre les salauds sans foi ni loi et les politiciens corrompus. Il y a pas mal d’action mais surtout des ambiances.

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  2. Homs et Guarnido Juanjo, que tu cites en références, ont un graphisme qui me plaît davantage … ça doit être la raison pour laquelle je connais déjà leurs albums alors que je ne me suis pas encore penchée sur la série Jazz Maynard, pourtant déjà croisée en médiathèque.

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    1. Attention, il y a une grosse évolution du trait entre le premier album (encore pas complètement mature) en aujourd’hui. Si tu aimes les dessins très encrés, c’est vraiment très chouette et il y a en commun avec ses compatriotes une maîtrise du rythme et des cadrages très cinématographiques, que l’on ne trouve généralement que dans le manga.

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