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Moonshine

East and west

Comic de Brian Azzarello et Eduardo Risso
Urban – Indies (2017), US Image (2016). Volume 1 (comprend les épisodes 1-6).
https://www.babelio.com/couv/CVT_Moonshine-Tome-1_2169.jpg

1929, la Prohibition. Un parrain de New-York envoie son homme de main Lou dans les Appalaches afin de convaincre Hiram Holt de lui vendre son exceptionnel alcool. Mais lorsque les jolis cœurs de la pègre newyorkaise débarquent avec voitures et mitraillette Thompson dans ce coin reculé et sauvage, les règles ne sont plus les mêmes et les cadavres atrocement mutilés qui apparaissent laissent penser que quelque-chose d’anormal se cache dans ces bois…

Urban continue son formidable travail pour dénicher le meilleur du comics américain dans son label Indies. Scénarisé par le vétéran Azzarello qui retrouve son comparse de 100 bullets (prix Eisner) l’argentin Eduardo Risso, Moonshine propose une histoire de loup-garou dans un contexte de Prohibition avec touts sa coloration habituelle des borsalino, berlines et mitraillettes à camembert.

Résultat de recherche d'images pour "moonshine risso"Je découvre donc les deux auteurs (connaissant leur réputation) et cet album confirme leur maîtrise chevronnée. Découpages variés, jouant sur les plans et les noirs, scènes muettes très chouettes. Techniquement tout est en place, efficace. L’intrigue narrée à la première personne est là-aussi classique des histoires de gangsters 1920: désabusée, enchaînant les séquences en va et viens sans que l’on ne sache qui veut quoi hormis la bête que l’on découvre dès les premières planches. L’articulation entre fantastique et mafia tarde à venir. Ce n’est pas bien grave car on est bien pris dans l’ambiance, mais on sent un certain train-train dans le couple artistique qui a dû produire cette série assez rapidement, sans grande prise de risque.

Résultat de recherche d'images pour "moonshine risso"Comme d’habitude dans le monde du comics la couverture est fort réussie… mais l’intérieur bien moins. L’illustrateur (que je ne connaissais pas) Risso n’est pas manchot, mais sa technique tout ordinateur avec des couleurs pas terribles produit un dessin pas mauvais mais franchement banal. On est à la croisée de Frank Miller (lorgnant parfois vers Sin city, parfois vers le Dark Knight), de Tim Sale et de Frank Quitely (pour le style de visages et la technique informatique). Plutôt de bonnes références mais je Résultat de recherche d'images pour "moonshine risso"trouve que l’artiste aurait dû assumer un graphisme vraiment noire en jouant sur les ombres en noir et blanc. Du reste les ambiances sont là: la magie est présente, les créatures de la nuit, les trognes des malfrats en tailleur rayé: la Prohibition est une période aussi graphique que le Far-west et c’est toujours très sympa d’y lire des histoires. Quelques passages oniriques en peinture directe cette fois-ci montrent la qualité de l’illustrateur et un album entièrement dessiné de cette façon aurait grandement gagné graphiquement. Les rythmes (mensuels) imposés dans la BD américaine incitent souvent de très bons artistes à produire certaines planches à la va vite. C’est probablement le cas ici.

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2 commentaires sur “Moonshine

    1. Ca peut valoir le coup en pas cher (je crois qu’urban lance la plupart de ses séries a 10€) ou en numérique chez Iznéo par exemple. Y’a une atmosphère sympa et certaines planches intéressantes. Mais de là à acheter chaque tomes de la séries…

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